‹ Scènes de la vie privée et publique des animauxChapitre 27 sur 95 · OT PEN TS NON TE · texte numérisé non relu

OT PEN TS NON TE

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ART. 213. Le mari doit protection à sa femme ; la femme , vbéissance à son mari.

aucun des assistants. Une vieille Demoiselle, qu’une lecture intelligente de la Physiologie du mariage de M. de Balzac avait confirmée dans ses idées de célibat, et qui avait fait de ce livre son vade mecum, dit qu’assurément une Demoiselle n'aurait point ainsi rédigé ces trois articles. La plus jeune des sœurs de la mariée, Libellule très-impressionnable, fondit en larmes en cette occasion pour se conformer à l'usage.

Le soir même une grande fête fut donnée sur la lisière des beaux bois qui entourent le château de la Favorite, dans le sillon d’un champ de blé qu’on avait disposé à cette intention.

Des lettres d'invitation, imprimées en couleur et en or par Silbermann de Strasbourg, sur des feuilles de mürier superfin, avaient été adressées aux étrangers de distinction que le soin de leur santé et de leur plaisir avait amenés dans le duché, et aux notables Insectes badois que les époux voulaient rendre témoins de leur fastueux bonheur.

Les préparatifs de cette fête firent tant de bruit, que les chemins furent bientôt couverts par l’affluence des invités et des curieux. Les Escargots se mirent en route avec leurs équipages à la Daumont; les Lièvres montèrent les Tortues les plus rapides; les Écrevisses pleines de feu piaffaient et se cabraïent sous le fouet impatient de leurs cochers.

I fallait voir surtout les Vers à mille pattes galoper

ventre à terre et brüler le pavé. C'était à qui arriverait

le premier.

Des la veille, des baladins avaient dressé leurs théâtres

en plein vent dans les sillons voisins de ce sillon fortuné.

Une Sauterelle verte exécuta, avec et sans balancier, sur une corde faite avec les pétioles flexibles de la Clématite, les voltiges les plus hardies. Les cris d'enthousiasme du peuple des Limaçons et des Tortues émerveillés se mélaient aux fanfares du cavalier-servant de cette danseuse infatigable. Le triomphant Criquet s'était fait une trompette de la corolle d’un Lizeron tricolore.

Mais bientôt le bal commença. La réunion fut nombreuse et la fête brillante. Un Ver luisant des plus entendus

s’était chargé d'organiser une illumination a giorno qui

Les cris d'enthousiasme du peuple des Limaçons et des Tortues émerveillés , se mélaient aux fanfares du cavalier servant de cette danseuse infatigable. Le triomphant CRiQuet s'était fait une trompette de la corolle d’un Liseron tricolore

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Elle dansa une saltarelle.

surpassa (oute imagination; les Lucioles, ces petites étoiles de la terre, suspendues avec un art infini aux guirlandes légères des Convolvulus en fleur, furent trouvées d’un si merveilleux effet, que tout le monde crut qu’une fée avait passé par là. Les tiges dorées des Astragales, couvertes de Fulgores et de Lampyres, répandaient une telle lumière, que les Papillons de jour eux-mêmes ne purent d’abord soutenir l'éclat sans pareil de ces vivantes flammes ; quant aux Noctuelles, beaucoup se retirèrent avant même d’avoir pu faire la révérence aux nouveaux époux, et celles qui, par amour-propre, s'étaient obstinées à rester, s’estimèrent heureuses de pouvoir s’ensevelir, tant que dura la fête, sous le velours de leurs ailes.

Quand la mariée parut, l'assemblée entière éclata en transports d’admiration, tant elle était belle et bien parée. Elle ne prit pas un moment de repos, et chacun fit compliment à l’heureux époux (qui, de son côté, n'avait pas manqué une contredanse) des grâces irrésistibles de celle à laquelle il unissait sa destinée.

L'orchestre, conduit par un Bourdon, violoncelliste habile et élève de Batta, joua avec une grande perfection les valses encore nouvelles et déjà tant admirées de Reber, et les contredanses, toujours si chères aux Sauterelles, du pré aux fleurs.

Vers minuit, une rivale de Taglioni, la signorina Cava-

letta, vêtue d’une robe de nymphe assez transparente D )

dansa une saltarelle qui, devant cette assemblée ailée ,

n'obtint qu'un médiocre succès. — Le bal fut alors coupé par un grand concert vocal et instrumental, dans lequel se firent entendre des artistes de tous les pays que la belle saison avait réunis à Baden-Baden.

Un Grillon joua, sur une seule corde, un solo de violon, que Paganini avait Joué peu d'heures avant sa mort.

Une Cigale, qui avait fait furore à Milan, cette terre classique des Cigales, fut fort applaudie dans une cantilène de sa composition, intitulée le Parfum des Roses, et dont le rhythme monotone rappelait assez heureusement l’épithalame chez les anciens. Elle chanta avec beaucoup de dionité, en s’accompagnant elle-même sur une lyre antique, que quelques mauvais plaisants prirent pour une guitare.

Une jeune Grenouille genevoise chanta un grand air dont les paroles étaient empruntées aux Chants du Crépuseule de M. Victor Hugo. Mais la fraicheur de la nuit avait un peu altéré le timbre de sa voix.

Un Rossignol, qui se trouvait par hasard spectateur de cette noce quasi royale, céda avec une bonne grâce infinie aux instances de l’assemblée. Le divin chanteur, du haut de son arbre, déploya dans le silence de la nuit toutes les richesses de son gosier, et se surpassa dans un morceau fort difficile qu'il avait entendu chanter une seule fois, disait-il, avec une inimitable perfection, par une grande artiste, madame Viardot-Garcia, digne sœur de la célèbre Maria Malibran.

Enfin le concert fut terminé par le beau chœur de /a

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