‹ Scènes de la vie privée et publique des animauxChapitre 5 sur 95 · TES · texte numérisé non relu

TES

à un vieux Castor.

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Le Cochon

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— LE SiNGE fixe son lorgnon sur LE GAMÉLÉON, avec lequel il échange un sourire. — Puis, prenant à témoin l’Assemblée tout entière, il dit que s’il est prouvé pour tous que la paix, la guerre et la liberté sont également impossibles, on est pourtant d’ac-

cord sur un point : c’est qu’il y a quelque chose à faire.

— Assentiment général. —

Que le mal existe, et qu’il faut au moins le combattre ; Qu'il propose en conséquence à l'honorable Assemblée

d'ouvrir une voie nouvelle à ses efforts.

— Vif mouvement de curiosité. —

« La seule lutte qui n’ait pas encore été tentée, la « seule raisonnable, la seule légale, celle où les plus belles « victoires les attendent, c’est la lutte de l'intelligence.

« IL est impossible que, dans cette lutte, où la raison du « plus fort n’est pas toujours la meilleure, où l'esprit, le « cœur et le bon droit sont les seules armes autorisées, « l’avantage ne reste pas aux Animaux sur les Hommes « leurs oppresseurs. |

« L'intelligence mène à tout... »

— « Oui, dit une PERRUCHE, comme tout chemin mène à Rome. » —

Que les idées ont des pattes et des ailes ; qu’elles cou

rent et qu'elles volent.

Qu'il faut réaliser enfin, au moyen de la presse, la puissance la plus formidable du jour, une enquête générale sur leur situation, sur leurs besoins naturels, sur les mœurs et coutumes de chaque espèce, et créer sur des données sérieuses et impartiales une grande histoire de la Race Animale et de ses nobles destinées dans la vie privée et dans la vie publique, dans l'esclavage et dans la liberté.

© Par la presse, La Fonrane, cet Homme, le seul à la

gloire duquel on puisse dire que toutes les Bêtes l’ont

pleuré, La Fonraine, dont ce triste jour rappelle la mort,

a plus fait pour chacun d'eux que les vainqueurs de

Sapor, de Tarragone et d'Alexandre, que les trois cents

Renards eux-mêmes qui, avec Samson et la mâchoire de

L'ANE, exterminèrent les Philistins.

— L’AnE relève fièrement la tête. — Au nom de La Fontaine, tous les Ani- \ »° Là d £ c maux se lèvent et s’inclinent respectueusement. — Quelques Animaux

demandent que ses cendres soient transportées au Jardin des Plantes. —

« Les naturalistes ont cru avoir tout fait en pesant le

sang des Animaux, en comptant leurs vertèbres et en demandant à leur organisation matérielle la raison de leurs plus nobles penchants.

€ Aux Animaux seuls il appartient donc de raconter les douleurs de leur vie méconnue, et leur courage de tous les instants, et les joies si rares d’une existence sur laquelle la main de l’homme s’appesantit depuis quatre mille ans. »

Ici l’orateur paraît ému, et l’attendrissement gagne tous les bancs.

Après quelques minutes de silence, LE RENARD, se tournant vers les tribunes, ajoute :

Que c’est par la presse, et par la presse seulement, que Mesdames Les Pres, LES Oxes, LES CANNES, LES GRUES et LES Poues, qui dans toute autre lutte auraient été déplacées, trouveront, une fois la lutte du bec admise, à faire valoir leur talent bien connu pour la parole et pour la plume ;

Que ce n’est point dans une Assemblée délibérante que peuvent se produire les griefs pour le moins bizarres que ces dames ont essayé de faire valoir dans cette enceinte : « leur place n’est point dans les assemblées publiques ; « de l'avis du plus grand nombre, celles qui font de la « politique ont un défaut de plus et un charme de moins, « comme les Amazones de l'antiquité ; » qu’elles continuent donc à faire l’ornement des forêts et des basses-cours, en attendant qu'elles puissent consigner leurs observations dans la publication proposée, pendant les heures de loisir

que le soin de leur ménage pourra leur laisser ; qu’enfin :

«© ÎL À L'HONNEUR D’APPELER LA DÉLIBÉRATION de MM. Les € REPRÉSENTANTS DE LA NATION ANIMALE SUR LES TROIS ARTICLES

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