Scènes de moeurs électorales
Ce serait une curieuse histoire que celle de nos campagnes électorales depuis le^, premiers jours de l'éta-
blissement du régime constitutionnel. Quelles scènes à décrire, tantôt comiques, tantôt terriblement tragiques jusqu'à mort d'hommes! Heureusement la violence semble s'éloigner de nos moeurs; je dis semble, car si aujourd^ui l'on joue moins du bâton, des poings et des manches de hache, c'est parce que la loi, en multipliant les bureaux de votation, a sagement diminué les occasions de rassemblement populaire, les points de contact des électeurs.
Aux premiers jours du régime parlementaire au Canada, le peuple appelé aux comices s'y rendaient avec une certaine indifférence, car les divergences d'opinions n'étaient pas encore venu ranger les Canadiens en deux camps de frères ennemis, avides dé contradictions. Au reste, la vie publique ne mettait que peu de candidats en campagne, et n'avait guère d'attraits pour les nôtres, neufs au gouvernement du peuple par le peuple, et par ailleurs rarement en état de faire les frais d'une absence au Parlement,
attendu qu'au bon vieux temps les douceurs de l'indemnité parlementaire étaient choses inconnues. Les députés ont donné leurs services presque gratuitement jusqu'en 1841.
Il y avait parfois en quelques quartiers une telle indifférence à l'égard du mandat parlementaire qu'il était difficile de trouver des candidats. On m'assure qu'en une circonstance, certain comté restant absolument inerte au moment des élections, quelques électeurs de l'endroit réunis par hasard dans un bureau d'avocats, à Québec, élurent, là et alors, un citoyen de la ville député de ce comté impassible. Il paraît que
cette façon de traiter la politique à la bonne franquette servit en maintes circonstances, et fait intéressant à noter, ces élections faciles ne furent jamais invalidées.
Voici un cas encore plus extraordinaire, en un temps beaucoup plus rapproché de nous : celui du personnage qui s'est élu lui-même. C'était à Bagot, en 1854. Les deux candidats sur les rangs ayant fait défaut à l'heure de la mise en nomination, l'officier préposé aux formalités de la nomination, l'officier rapporteur, Timothée Brodeur, posa sa propre candidature et se déclara élu par acclamation. Inutile de dire qu'il ne prit pas son siège. Cité à la barre de la Chambre, il échappa à une enquête d'une façon aussi originale que singulière. Le Speaker lui ayant posé cette question: Etes-vous Timothée Brodeur qui était officier rapporteur à r élection de Bagot? on s'attendait à une réponse affirmative. A la surprise générale et au milieu d'une hilarité non moins générale, il répondit: Je demande vingt-quatre heures pour répondre. La même question lui ayant été posée de nouveau, il dut répondre qu'en efifet il était bien le Timothée Brodeur en question. On s'est demandé ce qui avait bien pu inspirer cette réponse de Normand retors au bon notaire de Saint-Hughes ? Espérait-il durant les vingt-quatre heures se tirer du pétrin où il s'était placé ? Toujours est-il, qu'après un court interrogatoire qui constatait qu'étant officier rapporteur au moment de l'élection, il était, par conséquent, inéligible, la Chambre mit fin à sa carrière politique huit jours après son entrée au Parlement.
La violence se montra d'abord dans les luttes électorales le jour où les deux nationalités établies au Canada.se trouvèrent en présence à la suite de deux candidats ennemis. En 1831, Stanley Bagg, soutenu par le Bretons, comme on disait alors, avait pour adversaire le Dr Tracey, du Vindicator, Irlandais sympathique à la cause des patriotes et appuyé par les Canadiens. Le premier jour de la votation, les Anglais et les Canadiens en vinrent aux prises. La troupe appelée sur le terrain fit feu sur la foule, et trois Canadiens tombèrent sous les balles des soldats.
Fait étrange, les coups de fusils avaient porté sur les nôtres seuls. De là, consternation parmi les patriotes et aussi indignation bien naturelle. L'autorité, sommée de faire une enquête sur l'affaire, s'en donna bien garde. Il n'en fallut pas davantage pour déchaîner les colères de Papineau, qui en pleine Chambre hurla ces paroles à la tête du gouverneur du temps : ''Craig emprisonnait les Canadiens, Aylmer les tue."
Une autre élection qui fit beaucoup de bruit dans le temps fut celle de Terrebonne, en 1841. La Fontaine, chef des Canadiens, regardé l'homme indispensable, avait posé sa candidature dans ce comté. Son succès semblait assuré dans une circonscription électorale presque toute française. Mais lord Sydenham avait décidé, pour se venger du refus de La Fontaine de seconder ses desseins, de le tenir hors de la Chambre, et ordre fut donné au Dr McCulloch, un inconnu dans le comté, de disputer le mandat à La Fontaine, c'est-à-dire de le lui enlever à tout prix.
Placer le bureau de votation à New-Glasgow, loin des centres français, l'entourer d'Ecossais venus du comté d'Argenteuil, avec mission d'assommer les Canadiens qui voudraient voter, tel fut le complot monté pour complaire au gouverneur.
A son arrivée, La Fontaine, en voyant des hommes armés massés autour du Poil, comprit la situation. De suite, il se met en rapport avec l'officier rapporteur pour lui demander s'il a pris ses mesures pour protéger les électeurs paisibles, et il acquiert des réponses de ce personnage la conviction que pour un Canadien, tenter de voter, c'est risquer sa vie. La Fontaine retire sa candidature dans le but d'éviter un massacre de ses concitoyens. Si La Fontaine n'avait pas montré autant de souci de la vie humaine, New Glasgow aurait été, comme le furent alors plusieurs endroits, le théâtre de scènes sanglantes.
C'est surtout à Québec et à Montréal que, par la suite, on vit la violence attenter à la liberté des élections, surtout lorsque les Irlandais et les Canadiens se trouvaient en présence. On organisait de longue main l'assaut des bureaux de votation. Les batailles de ce temps sont restées longtemps légendaires, et l'on a parlé durant des années de la Axe handle brigade, du bataillon des manches de hache. Les Canadiens durent recourir à la même arme pour se défendre. Que de coups alors échangés au grand jour des élections, et que de crânes endommagés ! Que de Canadiens et d'Irlandais apprirent à leurs dépens, quel redoutable instrument contondant, c'est qu'un vul-
gaire manche de hache! Ce n'était pas seulement la canaille qui jouait du bâton et des pierres; de vrais messieurs se mettaient souvent de la partie pour soutenir les batailleurs et diriger le mouvement. C'était une triste nécessité de la situation. Il fallait repousser la violence par la violence, d'après le principe: '11 vaut mieux tuer le diable que de se laisser tuer par lui." Il serait injuste de dire que là bataille ne faisait rage que lorsqu'il y avait des Anglais et des Canadiens en présence. Par malheur, au plus fort de la lutte des rouges contre les bleus, il y a eu bien des affaires de plaies et bosses entre les nôtres. Les choses en vinrent au point que souvent un candidat à intentions pacifiques se voyait forcé de mettre une milice électorale sur pied en prévision d'une attaque.
Il m'advint d'être présent à une lutte entre deux bataillons improvisés en vue de troubles probables. C'était à Montréal en 1872, Sir Georges Cartier et Sir Louis Jette étant candidats. Jamais le souvenir de la scène de leur mise en nomination ne s'effacera de ma mémoire.
Sur le coup de midi, les deux candidats gravissent le husting placé sur le terrain vacant en face de l'église Saint-Jacques, rue Saint-Denis. N'oublions pas de dire que ce husting était adossé à une serre qui va jouer un rôle dans l'histoire. En face, une foule compacte. Dans cette macédoine de figures étranges suintant le whisky, à l'air hébété, je ne vois rien de l'électeur honnête. Je m'informe au-
La "Axe handle brl8;ade, "
près d'un agent de police. "Ça, des électeurs? me répond-il, il n'y a pas un voteur dans tout le lot. Les va-nu-pieds à droite de Testrade ont été raccolés hier sur les quais parmi les gens de bord des AUan. Ils ont mission de protéger Cartier. A gauche, c'est l'armée du parti national. Ça vient d'un peu partout. Ils ont passé la nuit dans une cour de la rue Mignonne; ils n'ont pas pâti de la soif, je ne vous dis que ça. Les uns et les autres ont été engagés pour faire le coup de poing, s'il y a du train,*' ^^^ Ces renseignements étaient exacts. Inutile d'ajouter que les convictions politiques étaient étrangères à ces ramassis de fiers-à-bras gagés, nullement au courant des questions à l'ordre du jour.
L'officier rapporteur met les candidats en nomination, et cette procédure terminée. M. Jette, à la demande de Cartier, prend la parole le premier. Sir George s'avance ensuite avec peine vers la balustrade, visiblement accablé paV la maladie qui devait bientôt l'emporter. Il débute d'une façon peu heureuse. "On me dit que le jeune homme qui se présente contre moi s'appelle Jette; j'ai l'honneur de vous informer que dans huit jours, il sera rejeté." Je ne pus m'empêcher de dire à part moi en entendant cet affreux à peu près : "L'esprit du grand homme baisse." Puis il entre péniblement dans le corps de son sujet. S'apercevant que sa voix ne porte point, il fait signe à son auditoire hétéroclite, qui se fiche bien de ce qu'il peut dire, de se rapprocher de l'estrade."
(1) En lisant l'autre jour un extrait du .iournal de Louis XVI, J'ai constaté qu'il se servait du^ mot train dans le même sens que les Canadiens de nos jours. On dirait aujourd'hui en France, du chahut, du tapage.
La brigade bleue, voyant le geste de Cartier, croit qu'il lui donne l'ordre de gagner son argent et de taper sur Tennemi, fonce sur le bataillon rouge qui, tournant les talons, détalle au plus vite, rlionte au pas de course la rue Saint-Denis, laissant le husting isolé. Mais les chefs arrêtant bientôt les fuyards, la garde du corps conservatrice fléchit soudain et prend la fuite à son tour. Mais voici bien une autre farce. Les soldats rouges au lieu de poursuivre ceux qui sont payés pour recevoir des coups ou en donner, se ruent du côté de l'estrade, et tout-à-coup, j'entends le bruit de milliers de vitres de la serre qui tintent sous une grêle de pierres dont un bon nombre descendent sur le husting. Si Cartier eut été atteint par un de ces projectiles dans l'état de santé où il était, il serait tombé mort sur l'estrade. Revenons aux fuyards bleus. Ralliés par leurs chefs vers le carré Viger, ils reviennent à la charge et mettent définitivement l'ennemi en déroute. Quelques secondes plus tard, j'aperçois le grand D. . . . qui s'amène vers l'estrade, son chapeau à la main, et avec un geste à la mousquetaire, saluant Cartier, il lui dit : "Nous sommes maîtres du champ de bataille. Vous pouvez continuer votre discours."
Le chef conservateur se garda de profiter de l'invitation, car sa voix aurait clamé dans le désert, le peu d'électeurs présents au début étant disparus.
Il ne s'est guère produit de scènes électorales violentes depuis une quarantaine d'années, sauf à l'élection Ross-Cauchon, où la violence se montra avec une arme nouvelle, le revolver; il fallait bien suivre le progrès. Les manches de haches, c'était vieux jeu. Il y eut dans
'•Nous sommes maîtres du champ de bataille, vous pouvez continuer votre, discours. "
ce duel, en parties doubles, plus meurtrier que ceux dont la chronique parisienne nous entretient souvent, plusieurs pertes de vie et de nombreuses blessures.
Le revolver ne fut pas le dernier perfectionnement des manœuvres électorales. Lorsque l'on veut enlever une élection aujourd'hui, on trouve plus simple de substituer la ruse à la violence. Quoi ! les bâtons, les pistolets et les pierres, c'est aujourd'hui l'enfance de l'art ! Comme on arrive bien plus facilement à voler un mandat à l'aide de boîtes de scrutins à doubles fonds, avec le concours des télégraphes et cent façons de substituer des bulletins faux ou vrais ! On a beau perfectionner les lois pour essayer d'obtenir l'expression intacte de la volonté populaire^Je génie de la fraude prévaut souvent sur le génie de la loi. Disons, pour conserver sa sanction à celle-ci, qu'elle a sa revanche lorsque les violateurs se font pincer.
A. D. DeCELLES.
Oui, messieurs, je suis pauvre.
Les anecdotes politiques sont à l'ordre du jour.
Quand j'abordai la carrière, ce n'était pas comme dans la Marseillaise, mes aînés y étaient encore. Et parmi mes aînés, il y avait mon vieil ami Télesphore Fournier, mort juge de la Cour suprême, qui à lui seul
avait déjà six élections malheureuses à son crédit.
Or je suivis si bien ses traces dans la "carrière," que, peu d'années plus tard, des malins me demandaient quelquefois : "Est-ce vous ou M. Fournier qui avez perdu le plus grand nombre d'élections dans le dictrict de Québec?"
Je n'ai jamais pu répondre à cette question d'une façon bien positive, attendu que nos comptes, à Fournier et à moi, étaient un peu embrouillés sur ce chapitre. Mais une chose bien certaine, c'est que, pour le nombre d'élections, tant gagnées que perdues, nous avons tous deux été dépassés depuis, et largement, par Charles Langelier.
C'est si vrai que, tout récemment, il s'est perdu devant moi en voulant faire le bilan de ses victoires et de ses défaites.
MARCHII.DON
Tout cela, c'est pour dire que j'ai de l'expérience en pareille matière.
Le fait est que cette expérience date de mes années de collège. Oui, je n'étais encore que jeune collégien lorsque j'entendis pérorer publiquement un homme politique qui a laissé dans le pays un souvenir légendaire. Je veux parler du fameux Marchildon, un bon patriote, un homme bien intentionné, doué d'une verve peu commune, mais chez qui l'instruction et l'esprit de progrès laissaient déplorablement à désirer.
On l'avait invité, dans une certaine paroisse, à donner son opinion sur les questions publiques du jour. Tout son discours serait à reproduire, mais je n'ai retenu que la péroraison :
Pour terminer en finissant, s'écriait-il, je ne vous dirai qu'un mot en deux paroles, qui sont tirées d'une petite fable de M. La Fontaine. Ecoutez bien ! Un chien-t-et un coq voyageaient-z-ensemble. La nuit-zarrivée, le coq se jousque d'enne branche, et Pataud se
gratte un petit réservoir dans les racines de Tâbre. Passe un renard, aperçoit le coq.
— Bonsoir, Tami ! — Bonsoir !
— Ça va bien ?
— Pas trop mal, et vous ?
— Ça doit être ennuyant tout fin seul sus c'te branche.
— Chacun son goût.
Vous aimeriez pas à venir faire un petit tour au clair de la lune ?
— J'suis pas sorteux.
—Ça serait-y rien que pour fumer une pipe.
— ^Je fume pas.
— Vous fumez pas? vous prisez peut-être.
— Je prise pas non plus, mais j'ai un associé, là, en bas, qui chique quèquefois, réveillez-le donc.
Comme de faite, le renard réveille le chien; Pataud saute sus le renard et lui fait son biscuit en deux tours de gueule. Morale : Le coq ce sont les Canayens. Le renard ce sont les Anglais. Le chien ce sont moi ! Je sauterai sur les Anglais et je les mettrai-z-en pièces.
On rapporte bien des anecdotes sur le compte de ce brave Marchildon. Au parlement, c'était l'ennemi juré des chemins de fer. On a conservé la mémoire de plusieurs de ses sorties là-dessus.
— Pensez donc, s'écriait-il, à cette bête à feu qui passe d'une paroisse à l'autre, sans comparaison comme un steamboat écarté qui chercherait de l'eau, pendant que les vaches montent les clos et sautent les barrières, la queue raide comme des chandelles ! Croyezvous que c'est pas assez pour faire térir ces pauvres bêtes ? Et qu'est-ce qu'arrivera quand on n'aura plus
de lait? Pas de lait, pas d'enfants, n'est-ce pas ? Pas d'enfants, pas de familles! Et pas de familles, pas de Canayens ! Rien que des Anglais et des Irlandais, voilà!
Un jour, l'impayable député s'était endormi sur son siège, lorsqu'une discussion animée l'éveille. Comme cette discussion se faisait en anglais, et que M a rchildon ne comprenait pas un mot de cette langue, il demanda à son voisin ce dont .il s'agissait.
— On veut faire passer un bill, dit celui-ci, un loustic, pour qu'il n'y ait
Je prétends que non seulement chaque habitant ait le droit d'avoir son coq d'Inde à lui, etc.
plus qu'un seul coq d'Inde par paroisse: le coq d'Inde du bedeau.
A ces mots, Marchildon bondit sur ses pieds- — Monsieur l'Orateur, s'écrie-t-il, c'est encore une affaire pour aumolister les Canayens, cela. Je prétends que non seulement chaque habitant ait le droit d'avoir son coq d'Inde à lui, mais encore que chaque paroisse ait le droit d'avoir autant de coqs d'Inde qu'elle pourra en contenir, si ça fait son affaire.
IvE) SEIGNI^UR PACAUD
J'ai dit que mon expérience politique remontait à mes années de collège. Laissez-moi vous raconter une autre anecdote de ce temps-là. C'était à Nicolet, en 1859. Je ne sais plus par quel subterfuge j'avais trouvé le moyen d'assister à une assemblée électorale où il s'agissait de choisir un conseiller législatif pour la division Lavallière.
Les candidats foisonnaient: il y en avait neuf sur les rangs, au nombre desquels se trouvait le haut et puissant seigneur Hippolyte Pacaud. Vous allez voir que si celui-là péchait par quelque côté, ce n'était pas par manque de franchise. Son discours pouvait se résumer à ceci :
— Mes adversaires vous ont dit que vous êtes des hommes intelligents, instruits, honnêtes: c'est 'des blagueurs! Honnêtes? il n'y en a pas un seul parmi vous qui me paierait ses redevances, s'il était siir de ne jamais être poursuivi . . . Instruits ? il n'y a pas le quart de ceux qui m'écoutent qui sachent lire, et le reste ne pourrait pas réciter la table de multiplication.
Intelligents? Vous êtes tous un tas de cornichons! Si ce n'est pas vrai, vous le montrerez en votant pour un homme assez franc pour vous dire la vérité ! . . .
I,e:S deux candidats DÊCI.ARES ËI.US
Mais avant mes expériences personnelles, il y avait la tradition qui en racontait de corsées. Elle racontait en particulier, que,- dans je ne sais plus trop quel comté du district de Trois-Rivières, deux candidats ayant obtenu aux poils le même nombre de voix, avaient insisté pour être déclarés élus tous les deux.
Et Tofficier rapporteur, un notaire, les avait bien et dûment proclamés élus, à toutes fins que de droit, conjointement et solidairement représentants du comté au parlement de Sa Majesté!