TOUS
Ainsi soit-il.
ULR1C.
Que chacun des chefs dise maintenant ce qu’il a résolu défaire. Je parlerai ensuite pour les étudiants et pour moi.
(Ileinrich Fritzlar monte à la chaire et se recueille, les mains croisées sur son ventre.)
SALADO, bruyamment .
Ah ! ah ! on n’entend pas ! plus haut !
fritzlar, dédaigneux et solennel*
Dignes frères...
SALADO.
Très bien !
FRITZLAR
Tout le monde sait que maître Salado, autrement dit vide-bouteille, me poursuit de ses impertinences, depuis qu’il a rôdé six mois durant sous les fenêtres de mes filles, sans pouvoir obtenir d’elles la plus légère faveur.
SALADO.
Un mot vous confondra, bonhomme. Vos aimables filles, d’un père charmant rejetons plus charmants encore, comme dit Flaccus, m’ont jeté un soir, je ne dirai pas un bouquet mais tout un arbuste en fleurs ; ah !
FRITZLAR
Oui, avec le pot! Vous oubliez le pot, mon jeune ami*
SALADO.
Un arbuste ne croît pas dans le creux de la main : en disant arbuste, je croyais suffisamment dire pot. I^apot était une faveur de plus.
ULRîC.
Messieurs !
FR1TZLAR,
Je ferai, quant à moi, ce que j’ai promis. Aussitôt que les portes du château seront forcées, pas une minute avant, le beffroi sonnera. Les corps de métiers en armes se réuniront sur la place du marché, et les syndics dans la grand’salle. Nous rédigerons une adresse à l’empereur pour implorer sa protection et reconnaître sa suzeraineté, moyennant la conservation de nos privilèges.
SALADO.
Excellent, mais contradictoire.
fritzlar, s'animant*
Toutefois, je crois devoir le dire, si Heinrich Fritzlar conserve voix au chapitre, la commune de Nuremberg décrétera sa première loi de police contre cette classe turbulente de jeunes insolents, qui, sous prétexte de se livrer à des études dont l’importance est loin d’équivaloir à l'inconvénient que le séjour... (Murmures sur une partie des stalles.)