SALA DO
Laissez! laissez ! je le défie de finir sa phrase; continue* puits de science. (Fritzlar descend de la chaire au milieu des rires,)
MUN1US, de sa place humblement.
Dignes maîtres, j’ai si peu de chose à dire.0.
SALADO.
A la chaire!
munius.
i s ji’ai que deux paroles...
ALIX
SALADO.
C’est trop d’une. A la chaire !
munius monte à la chaire.
Je n’ai qu’un mot à dire.
SALADO.
Dites-le.
MUNIUS.
Qu’il me tombe un œil de la tête à chaque mensonge que je dirai! Nous marcherons, mes frères et moi, au secours des braves étudiants et des braves corps de métiers de la respectable ville de Nuremberg. Mais, que je meure à l’instant et plutôt deux fois qu’une, si la pure vérité ne sort pas de mes lèvres : nous sommes de pauvres gens qui mourrons de faim avec nos pauvres enfants, si on vient à piller nos pauvres maisons.
SALADO.
Thésaurus linguœ , trésor d’éloquence ! et veritatisy et d « vérité ! Poursuivez, vierge de Sion.
MUNIUS.
C’est pourquoi nous voudrions être assurs d’une bonne protection pour nos logis pendant notre absence.
ranuce de byzance, S une voix de stentor .
Je m’en charge ! (Il s’élance vers la chaire. Munius en descend précipitamment. Ranuce continue dans la chaire.) Je me charge, dis-je, de veiller avec mes hommes sur les demeures des juifs. Je compte, du reste, veiller un peu partout» J’ai l’intention de me couvrir de gloire, des pieds à la tête, d’ici au lever du soleil. Mon planestfort simple ; levobu. — Je place cent de mes drôles sur les derrières du château ; àpçme s’aperçoivent-ils que le tumulte est au comble dans fin teneur, ils s’élancent, achèvent la garnison et renversent les murailles dans les fossés. Cent autres de mes pendards,
Sî# SCENES ET PROVERBES.
répandus avec discipline dans le quartier des juifs, se présenteront tour à tour sur le seuil de chaque porte, qu’on aura pris ^oin de laisser ouverte. Ils parcourront les «v alsons au pas militaire pour s’assurer que tout est tranquille, et principalement que les femmes obtiennent tous les égards désirables. Pendant ce temps, je fonds moi-même, à la tête de deux cents moustaches de choix, sur les quatre coins de la ville, une torche d’une main et de l’autre cette épée. Ayant un peu guerroyé çà et là dans ma vie et ayant assisté à mainte prise de ville, où, pour ainsi dire, nous avions, hommes et chevaux, du sang jusqu’aux genoux, il n’est pas à craindre que je manque de résolution. 11 faut ccumer le pot qui bout. C’était l’avis de ma grand’mère, c’est aussi le mien. Ennemis ou amis, je ne reconnais personne. Est-ce celui-ci ou celui-là? Je ne sais. Se nommet-il de tel nom ou de tel autre? Je l’ignore. En de tels instants, on n’est plus un homme, on est le tranchant d’une lame. Le feu à ce toit ! un coup de pique à ce bourgeois ! Çà! çà ! à moi ! Ranuce ! Ranuce! tue ! pille! à sac ! à sac!