I. LA BATAILLE DE LA MARNE
L'ordre du jour de Joffre — Le chant du départ
Henri à William,
Aux armées, le 6. septembre, 1914.
Mon cher William,
C'est par im matin de septembre œmme celui-ci que Ton faisait les vendanges en Champagne.^
Le régiment est en formation de bataille dans la plaine. Le colonel passe. Il nous harangue. On va nous lire un ordre du jour important. Formez les faisceaux I $ Voici le Ueutenant qui s'approche. Il est grave et presque recueilU. Écoutez bien, tous ! C'est du Généralissime:
Le Général Joffre * aux armées françaises.
€ Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, 'û importe de rappeler à tous que le moment 10 n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et refouler l'ennemi. Une troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune 15 défaillance ne peut être tolérée.»
La retraite est finie. Il faut vaincre ou mourir. Malgré la fatigue nous entonnons le t Chant du départ »,* d'im bout à l'autre de la colonne, au son du canon:
4 '•• -. .... SCi^f^S ET RECITS
f La Victofrê eh îàaijtant nous ouvre la carrière, ' . . .':La:Rtfertè:guîde]-îios pas,
' La' Képutlique' nous* appelle, Sachons vamcre ou sachons périr, Un Français doit vivre pour elle, Pour elle im Français doit mourir ! »
C'est bien Tordre de Joffre tel que le chantaient déjà nos pères, les soldats de 1792.^ Nous allons nous battre.
Votre dévoué,
Henri.