PARIS
BilCUEL LÉVY FRÈRES , UBRAIRES-ÉDITEURS
ME YIVIEMNE^ t BIS
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Les souvenirs que l'on rapporte des lointains voyages ne s effiicent jamais. Ils se logent dans Fesprit et s'y fixent avec plus ou moins d'intensité, selon la nature" des pays que l'on a vus. Quelquefois, au moment où Ton y pense le moins, ces souvenirs s'éveillent subitement. D'abord c'est comme une vision confuse, comme un tableau anx teintes indécises qu'un rayon douteux éclaire à peine. On n'y prend pas garde «^tTon ààn^JÉé^fi' attacher sa pensée aux objets pltls^^fochàips : ces réminiscences, qui ne parlent que du paçâé, àt>iyçnt4élles nous détourner des occupations sériet^ses {m^ fu^éç, 'tôâtes ou douces qui appartiennent au présent? *'-' '
Et ces souvenirs que l'on n'a point évoqués, que l'on repousse quelquefois, reviennent sans cesse. Comme le 8omme3 qui s'empare du voyageur £Eitigué, comme l'ombre du soir qui s'étend sur les campagnes, ils s'abattent sur nous et envahissent toutes nos facultés. La réalité disparaît, la rêverie commence : on ne pense plus, on se souvient.
Ce retour vers les choses passées n'est point exempt de mélancolie. Peut-on, sans un peu de tristesse , se reporter par la pensée vers les lointaines régions que l'on a parcourues avec l'ardeur de la première jeunesset
N'est-il pas permis aussi de regretter, sous nos froides latitudes, les heureux climats où règne un étemel printemps t Quoi de plus naturel, enfin, que de se consoler du vol trop rapide des années, et de chercher à se distraire des graves occupations de la vie par un regard jeté sur les scènes gracieuses ou émouvantes que Ton a contemplées autrefois avec enthousiasme et bonheur! Raconter ce que Ton a vu ou appris au loin, c'est fixer au passage un de ees souvenirs à la ibis fugitifs et vivaces.
Les Scèneê et les Récits qui coonposent ce volume sont, à vrai dire, les pages d'un album, vetouchées dans le BÎlenee de Tatelier» Odui qui les a écrite n'a eu d'autre préteçtieii que d'^cadrer, dans des paysages pris sur
pijtitt% dÀ*hiBtj}ifÈS'Téeile6 ou probaUesen harmonie • • •■ • , •• • *• •» •
avec )ep ii^ontréès'ovreUesTse passent. Ce n'est poînt uae œuvn^fi|(|fSni(t^; -^*il6us le savons très-bien, — quoique ksiiol^ jAa^^pw de ce Hvre mat paru, i l'exceptiion de deta *seulêftlèV%\ ^ans la Revue des Deux Mondes, orgaae préfëré de tant d'illustres écrivains. Le seul intérêt que puissent in^irer ces Récits des pa/jfsd^ouùre^mer, est celui qu'offre aux esprits curieux et attentif la lecture d'un voyage consciencieux auquel se mêlent qudques peintures de mœurs. Aulieude nous astreindre à les rsBg^ icidansFoidre où ils ont été imprimés la première fois, nous les avons classés de manière à ce qu'ils présentent le {dus de variété possible. Il nous a semblé que le lecteur se transporterait sans fatigue des bords du Nil à ceux du Mississipi , de la cote de Coromandel à la cime des Andes.
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De nos joxirs, tout change, et trop vite sous le soleil I Bien des transformations se sont opérées au sein de quelques-unes des contrées dont il est parlé dans ce volume. Cep^idant les mœurs îles ple^l^ se modifient beaucoup plus lentement que Taspect du sol ; d'ailleurs ces Récits portent tous leur date avec -eux . Le temps a pu altérer en quelque chose la physionomie extérieure de certaines feealités ; celle de T homme ne résiste point non plus aux atteintes des années, mais un noble \isa:gè ]^arde jusqti'à la fin les traits qui le distinguent. Atix pays dXMent, à ceux qm sotot placés sous la TxAtt txHride, il fe^rti toujours le prëàtiged*ûn cliùiat înerveiUéux, cette splendeur delmmëre qui llaiscinerûeil ébloui du voyageur.
Paris, ce 4t mai 1«».