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ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE

Descbamps e( Pacioi; musique do y. Niedenna;^.

Il y a de notrt temps quelque chose que Ton appelle généralement de la musique^ et qui est à la véritable musique ce que la versification est à la poésie.

Les admirateurs de ce genre da musique ont coutume d'exiger qu'on l'entende trois on quatre (bis avant d'oser la Juger. Plus vous la trouvez creuse et insignifiante ^ plus ils angmententle nombre des épreuves; beaucoup de gens aiment mieux admirer dès la première ou du moins dès la seconde audition que de chercher laborieusement ^ dix fois de suite , quelques menus lambeaux de musique à travers des bruits divers et peu flatteurs pour les oreilles.

Nous craignons fort que la musique de M. Niedemayer ne soit exposée à cette exigence > et nous nous condamnons nous-mêmes à ne prononcer notre arrêt qu'après une seconde représentation.

(1) Pour des raisons indépendantes de sa folonté, Méry D*ayant pa faire le compte rendu de la première représentation de Siradella, M. Alphonse Kanr s'est chargé de ce soin» ainsi qu*on le verra par l'extrait dn JPtparo qui accompagne ces pages. P. A.

Néanmoins nous dirons , dès aujourd'hui^ qu'il y a dans l'opéi-a des morceaux où la mélodie est si rigoureusement nécessaire, où elle doit être si peu déguisée, que lorsque Ton ne Tentend pas, c'est un signe infaillible qu'elle n'y est pas.

Ainsi, nous pouvons désigner un chant d'église sans caractère ; ^ plusieurs airs de danse complètement monotones et Insignifiants, un air à boire très-peu accentué, etc.

La mise en scène est fort belle ; les décors ont été trèsadmirés. '— Nous prenons cependant la libellé de ne pas croire à un certain ciel indigo qui orne le 4* acte.

Un moment Nourrit a embarrassé sa perruque dans son manteau, de telle façon qu*il a eu bien du mal à obtenir, que ladite perruque ne fût que mise de travers.

Au dernier tableau, une toile de fond, enlevée seulement à trois pieds de terre, n'a laissé voir pendant quelque temps que les jambes des danseuses, et a fait croire à un spectacle d'un nouveau genre.

La reme, M. le duc d'Orléans et les princesses ses sœurs assistaient à la représentation.

On y voyait aussi l'avocat Dupin.

Alphonse Karr.

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