‹ Scènes populaires dessinées à la plumeChapitre 24 sur 46 · LES PRÉCÉDENS, M. ET MADAME DURET · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, M. ET MADAME DURET

M. JOLY

Bonjour, madame Dm^et... permettez... ( // r embrasse.) Gava bien, depuis hier, monsieur Duret? donnez-moi votre chapeau.

MADAME DURET

Et madame Joly?

M. JOLY

Elle vient tout-à-rheure... Victorine, dis à ta maman de venir , que monsieur et madame Duret sont ici.

M. DURET

Elle est grande comme père et mère.

M. JOLY

Vous êtes bien bon.

MAJIAHE DURET.

Elle apprend toujours la musique?

M. JOLY

G>mme vous voyez.

MADAME JOLY ( entrant).

Excusez, monsieur Dure t.. . comment vous portez-vous?.

M. DUkET.

Permettez, madame... ( // Tembmsse. )

MADAME JOLY

Ah! mon Dieu! qu'il fait chaud aujourd'hui!

ouvre donc un peu, monsieur Joly. (^A voix basse à son mari ) Va donc chez ton vilain pâtissier, nous n'aurions rien à cinq heures.

{M. Joly sort.)

MADAME DURET

J'aime bien votre logement... Dis donc, monsieur Duret, quelle différence avec le nôtre?

MADAME JOLY

Le vôtre est bien commode aussi mais,

voyez-vous, il y a un grand inconvénient ici : nous n'avons qu'un boyau de cuisine ; il y faut de la chandelle en plein midi; elle est si petite qu'on ne peut pas s'y retourner... tenez, {Elle

lui prend la main ) comme j'ai chaud. .. j'étoulfe là-dedans.

MADAME DURET

Tous les logemens ont leur désagrément.

Nous tenons au nôtre, parce que M. Duret est à {2l proximation de son bureau.

M. DURBT.

Deux pas.

MADAME DURET

Nous n'y tenons pas autrement d'^abord

nous avons des portiers si désagréables!....

avec ces gens-là, il faudrait toujours être l'argent à la main, et encore...

MADAME JOLY

\ C'est comme ici, ni plus ni moins... ça porte

chapeau que voulez- vous? le monde renversé.

MADAME PAYEN ( en dehoTS ).

Madame Joly !

MADAME JOLY

J'm'en-y-vas..... excusez, madame Duret

Victorine avance donc tenir compagnie à

monsieur et madame Duret.

MADAME DURET

Eh bien! mademoiselle , toujours raisonnable?

VICTORINE

Oui, madame.

M. DURETé

Nous aimons bien papa et maman ? ,

VICTORINE

Oui, monsieur.

MADAME DURET

Toujours votre piano?

VICTORINE

Oui, madame. •

M. DURET

Vous rappelez-vous quand vous veniez à la maison , rue de Paradis ?

VICTORINE

Oui, monsieur.

MADAME DURET

Vous étiez bien petite. ^

VICTORIWE,

Oui, madame.

MADAME DURET

C est une bonbonnière que cette pièce ici.

M. DURET

C'est à peu prè§ notre chambre à coucher...

s'il y avait ime fenêtre de plus.

( Victorine profite du moment où l'on ne fait plus attention à elle pour s'échapper.)

MADAME DURET

Elle est bête comme im chou, cette petite fille... elle ne sait pas dire deux.

M. DURET

Il ne faudrait pa^ dire ça deyant la mère.

MADAME DURET

On va le dire aussi.... Vous êtes singulier, monsieur Duret. ( On sonne. )

LES PRÉGlÉDENSy NARGEOT.

NARGEOT ( à Fictorine en dehors ).

Madame votre mère se porte bien? ( // salue moiuieur et madame Duret. )

MADAME DURET

Cette pauvre madame Joly se donne bien du maL {Elle va à la fenêtre.) On a beaucoup de vue id.

NARGEOT

Beaucoup, oui, madame il y aura beaucoup de monde aujourd'hui à la promenade.

MADAME DURET

Oui, monsieur, nous avons traversé les boulevards en venant ici, il y avait un monde affreux.

NARGEOT

Oui, madame, il y a beaucoup de monde dehors.

MADAME DURET

U y a tant de gens qui n'ont que leur dimanche.

PTARGEOT.

Cest un fait... que Ton en profite.

MADAME DURET

Oui, monsieur.

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