LES PRÉCÉDENS, M. ET MADAME DURET
M. JOLY
Bonjour, madame Dm^et... permettez... ( // r embrasse.) Gava bien, depuis hier, monsieur Duret? donnez-moi votre chapeau.
MADAME DURET
Et madame Joly?
M. JOLY
Elle vient tout-à-rheure... Victorine, dis à ta maman de venir , que monsieur et madame Duret sont ici.
M. DURET
Elle est grande comme père et mère.
M. JOLY
Vous êtes bien bon.
MAJIAHE DURET.
Elle apprend toujours la musique?
M. JOLY
G>mme vous voyez.
MADAME JOLY ( entrant).
Excusez, monsieur Dure t.. . comment vous portez-vous?.
M. DUkET.
Permettez, madame... ( // Tembmsse. )
MADAME JOLY
Ah! mon Dieu! qu'il fait chaud aujourd'hui!
ouvre donc un peu, monsieur Joly. (^A voix basse à son mari ) Va donc chez ton vilain pâtissier, nous n'aurions rien à cinq heures.
{M. Joly sort.)
MADAME DURET
J'aime bien votre logement... Dis donc, monsieur Duret, quelle différence avec le nôtre?
MADAME JOLY
Le vôtre est bien commode aussi mais,
voyez-vous, il y a un grand inconvénient ici : nous n'avons qu'un boyau de cuisine ; il y faut de la chandelle en plein midi; elle est si petite qu'on ne peut pas s'y retourner... tenez, {Elle
lui prend la main ) comme j'ai chaud. .. j'étoulfe là-dedans.
MADAME DURET
Tous les logemens ont leur désagrément.
Nous tenons au nôtre, parce que M. Duret est à {2l proximation de son bureau.
M. DURBT.
Deux pas.
MADAME DURET
Nous n'y tenons pas autrement d'^abord
nous avons des portiers si désagréables!....
avec ces gens-là, il faudrait toujours être l'argent à la main, et encore...
MADAME JOLY
\ C'est comme ici, ni plus ni moins... ça porte
chapeau que voulez- vous? le monde renversé.
MADAME PAYEN ( en dehoTS ).
Madame Joly !
MADAME JOLY
J'm'en-y-vas..... excusez, madame Duret
Victorine avance donc tenir compagnie à
monsieur et madame Duret.
MADAME DURET
Eh bien! mademoiselle , toujours raisonnable?
VICTORINE
Oui, madame.
M. DURETé
Nous aimons bien papa et maman ? ,
VICTORINE
Oui, monsieur.
MADAME DURET
Toujours votre piano?
VICTORINE
Oui, madame. •
M. DURET
Vous rappelez-vous quand vous veniez à la maison , rue de Paradis ?
VICTORINE
Oui, monsieur.
MADAME DURET
Vous étiez bien petite. ^
VICTORIWE,
Oui, madame.
MADAME DURET
C est une bonbonnière que cette pièce ici.
M. DURET
C'est à peu prè§ notre chambre à coucher...
s'il y avait ime fenêtre de plus.
( Victorine profite du moment où l'on ne fait plus attention à elle pour s'échapper.)
MADAME DURET
Elle est bête comme im chou, cette petite fille... elle ne sait pas dire deux.
M. DURET
Il ne faudrait pa^ dire ça deyant la mère.
MADAME DURET
On va le dire aussi.... Vous êtes singulier, monsieur Duret. ( On sonne. )
LES PRÉGlÉDENSy NARGEOT.
NARGEOT ( à Fictorine en dehors ).
Madame votre mère se porte bien? ( // salue moiuieur et madame Duret. )
MADAME DURET
Cette pauvre madame Joly se donne bien du maL {Elle va à la fenêtre.) On a beaucoup de vue id.
NARGEOT
Beaucoup, oui, madame il y aura beaucoup de monde aujourd'hui à la promenade.
MADAME DURET
Oui, monsieur, nous avons traversé les boulevards en venant ici, il y avait un monde affreux.
NARGEOT
Oui, madame, il y a beaucoup de monde dehors.
MADAME DURET
U y a tant de gens qui n'ont que leur dimanche.
PTARGEOT.
Cest un fait... que Ton en profite.
MADAME DURET
Oui, monsieur.