LES PRÉGIÊDENS, MADAME JOLY
Excusez si M. Joly n'est pas là; il va rentrer tout de suite.
NARGEOT
Madame, j'ai bien l'honneur...
MADAME JOLY
Ah ! je ne vous voyais pas de prime abord, monsieur Nargeot. C'est ma fille qui n'me dit rien; elle a une de ses amies qu'elle cause avec elle de la croisée; qu'elle ne sort que les di-
manches ; qu'on ne peut pas l'avoir un instant...
MADAME DURET
Que voulez-vous? c'est de son âge.
( M, Duretyjixe et immobile^ regarde les tableaux depuis Varrwée de Nargeot, )
MADAME JOLY
Vous avez raison mais on doit aussi être
un peu à la société Comment se portent
monsieur et madame votre mère, monsieur Nargeot ?
NARGEOT
Mais, vous êtes bien honnête.,, merci, madame , ils vous disent mille choses.
Et la pharmacie? comment la gouvernezvous?
NARGEOT
Vous me faites honneur, madame.
MADAME DURET
Ah ! monsieur est monsieur Nargeot.... que vos parens sont à Fontainebleau ?
NARGEOT
Oui , madame.
MADAME DURET
Et monsieur est chez l'apothicaire? Joli état!.... cela vaut mieux que les bureaux.
MADAME JOLY
C'est ce que nous disons tous les joiurs avec M.Joly.
MADAME DURET
Dis donc 9 Duret!... les bureaux.
M. DURET {sortant de sa rêi^erie sans changer de placé).
Oui, c'est une jolie partie au temps où nous sommes.
MADAME JOLY
Excusez, je vais faire im tour là-bas.
MADAME DURBT.
Faites, madame Joly, faites.... Ah! M. votre père est à Fontainebleau pays du raisin.
NARGKOT.
Oui , madame.
MADAME DTTRET.
Il a là un jardin?
IfARGEOT.
Non , madame. {On sonne.)
LES PRIÉGÉDENS, M. ET MADAME LOCARD.
{Ils font en entrant une inclination à laquelle répondent M. et madame Duret et Nar^ geot.)
MADAME LOCARD.
Ne VOUS dérangez pas, madame, je vous prie.
M. LOCARD.
Il fait bien beau aujourd'hui.
MADAME DURET
Oui, monsieur.
MADAME LOCARD.
Je crois que tout Paris est dehors.
MADAME DURET
C'est ce que je disais tout-à-l'heure.... madame.
MADAME LOCARD.
Nous venons de traverser les Tuileries , on jetterait une épingle qu'elle ne tomberait pas par terre. (Af. Locard va se placer devant les tableaux du côté opposé à celui de M. Du-ret)
MADAME DURET
C'est de même , madame , aux boulevards.
MADAME LOCARD.
J'ai regretté d'avoir pris ma pelisse.
MADAME DURET
C'est qu'en vérité , on y regarde à deux fois
de se découvrir les soirées sont encore
froides J'ai bien une pelisse aussi ma-
dame, mais je ne la porte pas J'ai un jupon
de dessous, et ma robe est ouatée. {On sonne»)