‹ Scènes populaires dessinées à la plumeChapitre 41 sur 46 · THÉODORE, OLYMPE · texte numérisé non relu

THÉODORE, OLYMPE

OLYMPE

Bonjour, monsieur Théodore; vous voila déjà levé ! je croyais être la première de la maison.

THÉODORE

Oh! non, mademoiselle Olympe, je suis bien sûr que c'est toujours moi.

ail LA VICTIME

OLYMPE

Vous êtes donc bien matinal ! Il y a cependant de la lumière bien tard dans votre cham-^ bre*

THÉODORE

Vous y regardez donc, mam'selle? vous y regardez donc?

OLTMPÈ.

Vous le savez bien.... Mais il ne faut pas veiller si tard, monsieur Théodore j vous vous ferez mal, vous ne dormez pas assez.

THÉODORE

Je ne dors pas du tout.

OLYMPE

Vous n'êtes pas raisonnable.... Ah! monsieur Théodore , j'ai bien du chagrin.

THÉODORE

Et moi donc , mam'selle !

DU COKRIDOR. ai3

OLYMPE

Maman ne veut pas tant seulement entendre parler de vous.

Ah ! mam'selle Olympe, si elle savait comme je vous aimerais!... combien je vous rendrais heureuse!...

OLYMPE

Elle dit comme ça que vous ne valez pas mieux que les autres.

TH^ODOEE.

Qu'est-ce que vous lui répondez ^ mam'selie Olympe ?

OLYMPE

Que Monsieur Théodore, je n*ose pas

vous le dire....

THÉODORE

Dites-le, mam'selle Olympe; dites toujours!

T'nez , v'ià que V rouge vous monte au visage... Dites-le...

!ii4 LA VICTIME

OI/TMPE.

Théodore.

THÉODORE-

Olympe! ô Olympe!... Heim! dites-le.

ÔLYMFE.

^26... jf ...

AUez toujours... ô Olympe... que vous... al- Iff , 241^?i*- Qlympç... que You?.,.

OLTMPE.

Que je vous aime bien ?

THÉODORE

oh! vrai!... vrai! heim ! parole d'honneur!

OLYMPE

Oui , Théodore.

THÉODORE

Oh! ne pleurez pas, mam'selle Olympe, ne

DU CORBIDaR. aï5

pleurez pas, j'ai de l'espoir.... Hier encore, mon bourgeois m'a dit, dit- il : « Théodore, t'es t'pp bon çn£afit , mais t'es triste. -^ Moi , triste! que j' dis. t— Oui, dit- il, qui ûiXy t'w quet' chose... — En de quoi? que j' dis. — En de ce que , dit-il , qui dit , que je ne me trompe pas tu aimes quelqu'un — Dites quelqu'une, que j' dis, que j'aime.... ah! monsieur Chamoiseau,que j'î^ime.... que j' n'en dors ni que j' n'en mange , que j' ne fais que plpurer tant quç l' jour dure et la nuit aussi.. -r- Eh' ben! mon garçon, qui m' dit, dit -il, qui m' dit, c'est t'il une pef^cjijne (Jont auquel qu'on peut dire c'est bien? — Qu'on peut dire que c'est trop bien, monsieur Ghattioiseau , qu^ j' réponds.-^ Eh ben ! j' m'en charge, lui qui dit. La personne t'aime-t-elle?... J' réponds : le l'ignore.... » Je l'ignorais, mam'selle Olympe, je l'ignorais.... Mais, t'nez, raam'âelle.... t'nez.... tapez là.... nous serons l'un à l'autre , n'est-ce pas? allez, l'un à l'autre.... Ah! c'est trop.... c'est trop heureux.... j'en perdrai la tête, c'est sûr.... Olympe.

( On entend madame Badoulard appeler^ Olympe, )

ai6 LA VICTIME

OLYMPE

Ah! mon Dieu! c'est maman qui m'appellel Adieu , monsieur Théodore.

THJÉOBORE.

Quoi! déjà?...

OLYMPE

Maman... va me gronder.... Voit-on que j'ai pleuré?.... Ah! monsieur Théodore, mon petit Théodore , que ça m'a fait de mal !...

THlêODORE.

Et à moi donc!... Mais quel bien aussil

OLYMPE

Adieu.

( Elle s'éloigne en lui enî^qyant un baiser.

Théodore lui répond en lui en envoyait une douzaine, y

DU CORRIDOR. a 17

THÉODORE

Tiens.... tiens.... ma bonne petite Olympe.... trésor, va.... Je ne sais pas, vraiment , si c'est que je dors.... non.... non.... je ne dors pas du tout.... Quel bonheur!

THÉODORE , M. LASSERRE, une tasse à la main,

THIÉODORE.

Bonjour, monsieur Lasserre.

M. LASSERRE

Monsieur Théodore , je suis bien votre serviteur.

THiODORE.

Ah! monsieur Lasserre, si vous saviez ce qui m'arrive!

ai 8 i.A VICTIME

M. LASâEfiBE.

Est-ce quelque chose.... qui.... que....

TH]po0qi^«.

Ce n'est rien de tout ça, mais non.... non, non.... monsieur Lasserrç, ce n'est rien—.

M. LASSERRE

Ce sera alors comme vous voudrez, monsieur Théodore^ comm€ vous voudrez... J^aurais besoin , mon cher monsieur, d'une nouvelle petite tablette dans mon alcôve.

THléODORE.

Vous l'aurez, monsieur Lasserre.... vous en aurez bien d'autres; si vous voulez, vousauvçjj. 4es tfiblçîttes, ta^f; cp^e vçijç ^^ vQv^ez des tablettes !

M. jLAssBfUts:.

Lgissez-tnoi parler.... fe ne vous en demande et n'en ai réellement besoin que d'ûnf

DU COBRinOR. ^19

s^iUe de deuxpouceis moins Ipogue que la dernière.... Ce serait dimaiicl^e,

THIÉODORE.

Dimanche.... lundi.... mardi.... qu'est-ce ça me fait à moi à présent!

M. LASSEKRB.

Ça me fait mieux le dimsuiehe.

THÉODOBE.

¥onIez-»v6us ce suir?

J*aime mieux, je vous dis, le dimanche... Je n'ai pas encore fait mes dispositions.... Mais, quelle heure est-il donc, monsieur Théodore?

Je me suis donc levé de bien bonne heure que vous voilà encore ici?

THJÉODORE.

C'est moi qu'est en retard aujourd'hui....

Monteur Lasserre, je monte à ma chambre

aao LA VICTIME

chercher mon déjeuner et je m'en vas.^. Ah!

monsieur Lasserre^ quel bonheur L. Bonjour, monsieur .Lasserre.

M. LASSERRE

Votre serviteur, monsieur Théodore.

THlÊOnORE.

Adieu, monsieur Lasserre. (//^or^.)

M. LASSERRE

De tout mon cœur, monsieur Théodore....

Mais qu'est-ce qu'il a donc ce jeune homme ?... il est fou.!., il a failli vingt fois jeter ma tasse parterre.... Allons, la laitière sera peut-être partie.... Diable de jeune écervelé, va!...

(// sort.)

M- BADOULARD, OLYMPE.

MADAME BAnOÛLARD*

C'est comme vous voudrez, mademoiselle,

DU CORRIDOR. aai

mais de la vie vous n'épouserez M. Théodore.

OLYMPE

Mais ) maman....

MADAME BADOULARJD.

Quand je dis une chose ^ ça doit vous suffire. Mademoiselle ) c'est un jeune homme de rien, qu'on ne sait d'où qui sort , et que je ne suis pas curieuse que ma fille épouse un intru, un jeune homme sans prédécesseurs.

OLYMPE

Prédécesseur!.... maman.... prédécesseur, M.Théodore?

MADAME BADOULARB.

Oui, mademoiselle... Ce mot, d'abord, n'est pas de moi , c'est de madame Potain , qui veut votre bonheur et qui n'est pas d'avis de ce mariage-là.

OLYMPE

Mais , maman , qu'est-ce ça fait à madame

LA VîtrriMË

Pôtâiii? n'y a rien sur Je compte de M. Tbé#» dore.

MADAME BADOULARD.

Il y a encore moins sur le compte de madame Potain, mademoiselle; c'est une personne qu'on est trop heureuse d'avoir dans titie «nai«o», car Qnfin, faut être juste et de bon compte j car cpii esi^e qui est plus danls k' maison que madame Potain^ une femme.^ cbïÀMô elle le dit èlle^^meme, au-dessus de son état, qu'elle a été élevée dans une très-grande maison, chez les Montigny, et qu'elle a bien raison quand elle dit que c'est un jeune homme, yptre M. Théodore , que ses parens il ne les connaît pas lui-même. Si défunt votre père vivait encore, mademoiselle, croyez -vous qu'il serait flatté 4e vous voir dans des idées pareilles le pauvre cher homme?

OLTMPS.

Mais, maman, M. Théodore, depuis qu'il est dans la maison, qu'est-ce qu'on peut lui reprocher?

DU CORWDGR. ûa3

MAJ)Alf E BABOULARD.

Comment, mademoiselle , qu'est-ce qu'on peut lui reprocher!... Comme dit madame Potain , un jeune homme qu'est toujours seul chez lui, qui rentre après sa journée, qui n'est jamais ave<^ pérSôtttie, ef qui s'efet mis à écrire depuis quelque temps tous les soirs , ça ne peut être enflh.... qu'uni... VoM êtes trop jeune pour que je vous le <iise; -

, OLYMPE

MADAME BADOULARD.

Allons, mademoiselle, ne restez pas là comme ça devant moi, comme une momie, que je vous dis, ou nous verrons!.... Allez voir chez votre maîtresse si j'y «ui^, et je saurai ce que V0u^f<»e2^;...

!ia4 LA VICTIME

THÉODORE, M"! BADOULARD.

THIÊODORE.

Bon ! y'ià sa mère , ne disons rien.

HAJ>AME BADOULARD.

Vous voyez, monsieur Théodore, c'est vous qu'êtes l'auteur que ma fille, depuis que vous êtes dans la maison, est toujours à pleurnicher.

THÉODORE

De quoil de quoi! moi, madame Badoulard?

HABAHE BADOULARD.

Oui , c'est grâce à vous ; vous lui avez tourné la tète à c'te jeunesse.

THÉODORE

Ah! ben, par exemple, moi.... moi^ la faire pleurer.

DU CORRIDOR. aaS

MADAME BADOULARD.

QueUes sont vos intentions ^ monsieur ?

Mes intentions , madame Badoulard ^ sont les vôtres; je ne suis pour gêner d'aucune façon qui que ce soit.

MADAME BADOULARD.

Eh bien ! mes intentions , à moi , sont que VOUS n'aurez pas ma fille.

TH]ÉOD0R£.

Mais pourquoi ?

MADAME BADOULARD.

Parce que.... j'ai mes raisons.

THIÊODORE.

Je fréquente votre demoiselle ; elle me plait; si je lui conviens, je suis compagnon^ elle est

couturière, défunt M. Badoulard était compagnon : eh ben!

MADAME BADOULARD.

Eh ben, qu'est-ce que ça prouve?

THIÊODORE.

Eh ben !

Eh ben! j'ai mes raisons; laissez-moi tranquille !

THÉODORE

Mais on n'en dit une de raison, madame Badoulard; on n'en dit une de raison.

MADAME BADOULARD.

Tenez, laissez-moi tranquille; je ne veux pas en dire, moi; je n' suis pas faite pour vous obéir.... moi!.... je ne suis pas votre domestique, c'est vrai ça, et vous me ferez le plaisir de rester chez vous ! {Elle sort.)

DIJ CORRIDOR- 1^7

THEODORE

Bon! bon! ça va bien!.... Eh ben! me v'ià propre , moi ! c^est pour le coup que les autres là-ba^, iU vont rire.... ils. ypnt rirç, les^ coippagBOQs.... Ah ! mon Piç^! Qiop Pieu!.... M^Us qu'est-ce qui lui aura tourné la tête à ç'\e mè^e Badoulard? C'était biei:i ^a peine de me perfectionner à lire, à écrire; ça m'a bien avancé. O Olympe! va , c'est qui ity a pas à dire, là, je n' mange plus, je n' bois phis... je m* péris.... Si c'était par hasard... p' t'être bien... oh! non, pas possible.... Ah! les femmes!

THÉODORE, IVÏ*- POTAIN.

MAnAUfCs: poxain.

Bonjour, monsieur Théodore; vous passez bien fier ce matin !

aaS LA VICTIME

THÉODORE

Je n' passe pas, madame Potain.... J' reste, au contraire y bien désolé, allez....

HADiLME POTAIN.

Qu'est-ce que vous avez donc?... Effectivement, vous avez la physionomie toute je ne sais comment.

THiêonoRE.

On l'aurait à moins.... J'ai du chagrin, madame Potain, et un fier.... de chagrin.

MADAME POTAIN

Comptez- moi ça, monsieur Théodore; seriez-vous amoureux ?

THÉODORE;

Comme une béte, madame Potain!

MADAME POTAIN

N'y a pas de mal à ça, monsieur Théodore,

DU CORRIDOR. aag

n'y a pas de mal à ça; et c est-y de quelqu'un que ça puisse coïncider avec vous ?

THlÉODORJfi.

Oh! trop bien coïncider pour mon malheur.

MADAME POTAm.

son.?

Vraiment?.... ça serait-il de dedans la mai-

THiODORE.

La porte à coté de la vôtre, n'y a que le plomb qui nous sépare.

MADAME POTAirr.

Comment... c'est possible! la petite à ma voisine?

THÉODORE

Vous y êtes.... Vous 1' saviez, heim! vous Y saviez? vot' parole d'honneur.

MADAME POTAIN

C'est la première nouvelle.... comme il n'y a qu'un Dieu !

i3o LA VICTIME

THÉODORE

Heim!... est-elle belle? Test-elle belle?

MADAME POTAIN

Elle n est pas mal-

THÉODORE

Vous appelez ça pas mal, vous, madame Potain !

MADAME POTAIJT.

Ecoutez, monsieur Théodore, écoutez-moi...

je connais ces positions-là, moi qui vous parle.

THiODORE.

Vous, madame Potain?

MADAME POTAIir.

Oui.... malheureusement.... J'ai été aimée, telle que vous me voyez....

THtoDORE.

Vraiment !

DU CORRIDOR. 23i

MADAME POTAlN.

Très-aimée , pour mon malheur, sans jamais pour cela déroger de mes principes , je vous prie de le croire.... Je connais le monde.... On n'a pas été pendant Vingt-deux ans dans une maison qu'on avait les clefs de tout, et qu'on y était comme considération et agrément, et enfin.... que je puis dire que je connais le monde et que je crois que je puis vous donner encore des conseils, monsieur Théodore... vous êtes jeune , monsieur Théodore!

THÉODORE

C'est t'il un mal, madame Potain, c'est t'il un mal?

MADAME POTAIN

Ce n'est pas un mal», non... mais vous n'avez pas ition expérience.

THÉODORE

Eh ben ! qu'est-ce qu'elle vous prie de me dire votre expérience ?

i3a LA VICTIME

MADAME POTAIN

Tenez 9 monsieur Théodore, madame Badoulard est une bonne femme que j'aime de tout mon cow.u', certainement.... que je suis bien loin de rien dire contre elle en rien ; sa demoiselle est bonne ouvrière, bien sage, bien honnête, bien tout; mais, monsieur Théodore,, il faut y regarder à deux fois quand on entre dans une famille.

THIÊODORE.

J'y ai regardé plus que ça , madame Potain.

MADAME POTAIN

Écoutez-moi, monsieur Théodore; ce que je VOUS dis ne doit pas sortir d'ici.... Mam'selle Olympe , comme je vous disais tout à l'heure , est une jeutie personne qu'est très-douce, qu'un mari qui saura la prendre en fera tout ce qu'il voudra. ' ^-

THlêODORE.

Ah ! oui , par exemple !.... pauvre petite !

MADAME POTAIN

Tout ce qu'il voudra... Il y a long-temps que je la connais , je Tai vue pas plus haute que la petite à l'épicier.... M. Sauvageot, et certainement je suis à même de l'apprécier mieux que

qui que ce soit Lorsque les malheurs sont

venus fondre sur moi, lorsque je fus forcée de quitter, jeune encore, à la mort de M. de Montigny le père, un monde si brillant qui avait pour moi tant de charmes; lorsque son fils aîné , M. Alfred de Montigny, m'exila loin de la maison.... ce que n'aurait jamais fait.... je le connaissais trop bien son frère, M. Stanislas de Montigny.... car il était excellent, il boitait ce bon Stanislas; mais quel cœur! il s'y serait bien opposé à mon expulsion, s'il avait vécu... Je dus donc quitter la maison,seule, sans expérience, jeune encore, comme je vous le disais tout à l'heure , je dus donc quitter ces lieux où j'avais été élevée , chérie, adorée , j'ose le dire, de ce bon, de ce vertueux M. de Montigny père.... Orpheline.... sans appui dans le monde... je me mariai... je chargeai un homme de mon bonheur; mon mariage ne fut point

heureux; M. Potain était d'une classe au-dessous de la mienne , il était artiste ; je l'élevai jusqu'à moi....

THEODORE

Ah! c'était un artiste; on disait un perruquier.

MADAME POTAIN

Artiste en cheveux.... Son moral ne répon»

dait que bien faiblement à. son physique.

M. Potain était ombrageux , despote ; je le comparai à un premier attachement.... il ne put soutenir la comparaison. Je passai mes plus belles années avec ce Potain dans les larmes, lorsque le ciel, qui eut pitié de moi, l'enleva; je m'en séparai encore avec peine, car les femmes sont toujours plus Sensibles que vous, monsieur Théodore.

THÉODORE

Que moi, madame Potain?

MADAME POTAIN

C'est en général, monsieur Théodore. #.. Je

DU COBIUDOR. 235

vins donc à cette époque ^ avec les débris de ma fortune, habiter cette maison; je ti'ouvai, au milieu des bôYines gens qui Thabitàient alors, le calme et la tranquillité dont j'avais besoin après de si violentes secousses, et j'ai fait des réflexions, monsieur Théodore, des réflexions dont je crois devoir faire part à tous ceux qui , comme vous, veulent s'engager trop inconsidérément peut-être dans des liens indissolubles....

THJÉODORBé

Mais, madame Potain , en quoi que ça peut concerner mam'selle Olympe tout ça?

MADAME POTAIW.

En ce qu'Olympe est encore bien, jeune; son éducation a été négligée, monsieur Théodore.

THlèODORE.

En de quoi négligée, madame Potain?

MADAME POTAIN

En de ce que, monsieur Théodore, elle n'est

pas encore, je crois, dans votre intérêt ^ asseï:^ formée au ménage et à la tenue d'une maison-. Voilà comme je l'entends. •• tandis que je crois, toujours entre nous, au moins, monsieur Théodore....

THÉODORE

Parbleu! c'te bêtise!

MADAME POTAUr.

Tandis , dis-je , qu'une personne plus faite. connaissant mieux le monde, pourrait (ce n'est toujours qu'une supposition), ayant déjà quelque chose devant elle.... d'un âge raisonnable, serait peut-être mieux votre fait.... En regardant autour de vous, vous pourriez trouver peut-être.... ce n'est toujours qu'une supposition....

THÉODORE

Ah! bien.... bien....

MADAME POTAIN

Vous comprenez?

DU CORRroOR. a37

THÉODORE

Oui, oui, je commence.

MADAME POTAIW.

Serait bien mieux votre fait.

THÉODORE

Serait-elle mieux mon fait?

MADAME POTAIN. '

Sans doute.

THÉODORE

(Je te vois venir.) Je verrai, madame Potain.... je verrai.... Comme ça, vous croyez réellement....

MADAME POTAIN

Oui, mon bon petit Théodore.

THÉODORE

(Mon bon petit Théodore.... bon! tu veux être aimée.) Je verrai, comme je vous disais.

i38 LA YICTIME

madame Potain.... j'y réfléchirai, madame Potain... sans adieu, madame Potain... au revoir, madame Potain....

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