TOUTES LES VOISINES
MADAME BADOULARD.
Tenez, monsieur, voilà votre congé en t>Oi?ne forme; vous allez avoir à vous en aller, et promptement.
i64 LA VICTIME
TH^ODOR£
Pas possible; ça d' peut pas être ! comment f
Le père Lasserre , le plus brave homme de la
terre.
( M. Lasserre j stupéfait ^ laisse tomber
à terre sa caisse et ses capucines.)
MADAME POTAIN, à Oljmpe.
Vous voyez s'ils se soutiennent, { Olympe pleure. )
THÉODORE
Eh ben! qu'est-ce que vous avez donc, mademoiselle Olympe? ça vous fait de la peine , n'est-ce pas?
OLYMPE
Laissez-moi, monsieur!.... c'est abominable!
THÉODORE
Certainement, que c'est abominable!
OLTMPK,
Vous êtes un monstre!
DU COBMDOR. :i65
THEODORE
Qui ça , moi ?
olympe!.
Oui, vousî.k. vous vous éîitëndez ensemble.
Entendons pourquoi?
MADAME BADOULARD.
Allons , monsieur Théodore , il faut s'expliquer ; nous sommes ici etitre nous , quelles sont vos intentions?
THIÉODORE.
Je vous Ids ai dites ce matin mes intentions; je veux me marier.
MADAME BADOULARD.
Je veux.... je veux.... Je n* veui paà, moi !... Où sont vos papiers de famiUe?
THIÉODORE.
Mes papiers? tenez, mes papiers.... je les ai
a66 LA VICTIME
justement.... M. Ghamoiseau, mon bourgeois^ me les a remis mes papiers.... les voilà, mes papiers.... Lisez-les , vous , madame Potain. . .
MADABIE POTAm.
Ça ne me regarde pas , monsieur, je ne nae mêle jamais de ce qui ne me regarde pas....
THÉODORE
Lisez toujours, allez.
Lisez.... lisez.... mame Potain.
MADAME POTAIIC Ut.
a L'an mil huit.... etc.... est comparu devant nous le sieur Jean-Stanislas- Eugène Beaudessous et.... Eustache - Philibert Lasserre, demeurant à Saint -Amand.... x> Ah! ciel! je me meurs.
ÇElk tombe dans les bras des voisines.)
THiÊOBORE continue.
Ah! mon Dieu!... « Et Georgette-Séraphine Bidois.... »
M. LASSERRE
Bidois!... Ah! Seigneur, Dieu!
THEODORE
« Lesquels se sont déclarés père et mère de l'enfant. Théodore Bidois. »
MADAME POTAIK.,
Ah ! ciel!. .. qui aurait pu s'attendre ?... Viens, Théodore ; viens , mon ami !
THÉODORE
Ah! ben ! ah! voilà d'une sévère!
MADAME POTAIK.
Viens, mon cher fils..,. Oui, mesdames, oui, vous me voyez la plus heureuse des mères, des épouses.... Ah! monsieur Saint- Amand, vous m'êtes donc rendu!
a68 LA VICTIME DU CORRIDOR.
M. L4SSBIiR£.
Moi j madame ! je ne suis pas lié.
MADAME POTAIN
Tai votre parole.... vous êtes son père , je suis sa mère.... Olympe, viens, ma fille, embrasse ton père.... Tout, désormais, doit être oublié entre nous , cher Saint-Amand.
M. LASSERRE
Je ne sais encore où j'cti suis.... Tous les jours se suivent et ne se ressemblent pas , heureusement , car je sens bien que je n'y pourrais^ pas tenir.