SE IX
LES MÊMES, CLÉMENCE
clémence. — En v'ia ben d'une autre, à présent ! le propriétaire d'ici qui prétend que c'est nous qui devons faire re-
mettre les carreaux qu'il y a do cassés dans la cuisine et
dans voire chambre à coucher!
MADAME sauiun. — Qu'il aille se promener ! les carreaux
étaient dans cet état-là lorsque nous prîmes le logement;
son grand-père le savait bien.
clémence. — Où est-ce qu'il est , madame , son grand-père ,
qu'on lui demande?
MADAME saurin. — Est-ce que je sais où il est? Il est mort !
Mon Dieu ! mon Dieu ! que je suis donc malheureuse ! MADAME BACHELIER. — Me vous désolez DM comme ça pour
des choses qui n'en valent pas Véritablement la peine. madame sauiun. — Je ne serais pas étonnée d'en tomber
malade, tant je me brûle le sang ; je suis sûre qu'intérieurement je suis toute calcinée.
clémence. — Faudrait pourtant voir à vous dépêcher ; les
autres vont arriver avec leurs meubles pour emménager.
madame SAURIN. — Et monsieur Saurin, qui ne finit pas
d'arriver !
madame bachelier. — Il est loin de se douter de tous les
ennuis (pie vous éprouvez.
madame saurin. — Est-ce que je ne le connais pas! Il se
gardera bien de se montrer de toute la journée; il est plus
fin qu'on ne pense ! Où sont mes oiseaux? clémence. — Dans la rue, madame.
madame saurin. — Dans la rue , mes oiseaux! CLÉMENCE. — Dame , à peu près ; je les ai laissés sous la porte
cochère.
madame saurin. — Mes oiseaux sous la porte cochère! clémence. — Puisque le portier a des ordres du propriétaire
pour ne laisser monter aucune hèle.
madame saurin. — Maisil y est bien monté lui-même, l'animal!
Pardon, madame , de nie laisser aller ainsi. Je ne connais
plus rien, je suis tout hors de moi ; j'ai besoin d'air, j'étouffe.
LE. H! MÉNAGI MENT. 367
ci i hbn< i . — non , v'ià madame qui se trouve mal, à c'to
beure! ça va être drôle ! UADAMJ bachelier, à Clémence. —Aile/, bien vite à la
maison; vous demanderez du vinaigre à la bonne*