MADAME SAURIN, MADAME BACHELIER, GUSTAVE, CLÉMENCE, PYRAME
madame saurin. — Ah! te voilà ; as-tu vu ton père ? Gustave. — Non, maman.
MADAME SAURIN. — D'OÙ vieiîS-tll ?
Gustave. — Du nouveau logement; il n'y était pas.
madame saurin. — Avec ton chien ?
Gustave. — Oui, maman, mais le portier n'a pas voulu le
laisser monter.
madame saurin. — C'est un parti pris, vous voyez, madame
Bachelier !
madame bachelier. — Si j'étais homme , je ne souffrirais
pas ça !
Gustave. — La portière d'ici le sait donc , maman ?
MADAME SAURIN. — Quoi, 111011 fils?
Gustave. — Que l'on ne veut pas de chiens là-bas ?
madame saurin. — Qui le lui a dit? Ce n'est pas moi. Mais je suis là à chercher bien loin... C'est vous, Clémence, qui le lui aurez dit.
CLÉMENCE. — Oui, madame, c'est moi; m'avez-vous recommandé de ne pas le dire?
madame saurin. — Il faut donc continuellement être derrière
I I Dl MÉNAG1 MENT. 3f,9
vobs, comme derrière an enfant, pour voos empocher de foire des sottises !
CLÉMi vr. — ■ Non, madame.
m \i> \mi saurin. — Si fait, mademoiselle! Je vous avais recommandé ce matin même de no jamais mettre les pieds dans la loge; vousj $tes allée malgré ma défense! Grâce à vous, nous allons être la fable el la risée de tonte la maison ! Qu'est-ce que je dis ? de la maison ! de tout le quartier! Et cela grâce à vous, à vos bavardages!
GUSTAVE. — Maman, tu ne sais pas?
UADAHE SAURIN. — Quoi donc encore?
glstave. — t. à-bas, on ferme la porte à dix heures.
MADAME SAURIN. —Je n'irai pas! Je ne mettrai pas les pieds, dans une maison semblable !
GUSTAVE. — 11 ne faut pas recevoir beaucoup de monde , ni jamais danser chez soi.
MADAME SAURIN. — Quand on m'y donnerait un logement pour rien dans cette infernale maison-là, je n'irais pas, puisqu'il en est ainsi.
MADAME BACHELIER. — C'est à ne pas croire.
MADAME SAURIN. — Mais (pie faire? que devenir? Et ton pire, où est-il ? On n'a jamais vu une position semblable à la mienne! C'est démontant !