LES MÊMES, M. SAURIN
CLÉMENCE. — Vous arrivez à temps, allez; on demande assez
après vous.
SACRIN. — Qu'y a-t-il, chère amie? Je viens de voir Gustave,
chez son oncle, qui m'a dit (pic tu ne savais où donner de
la tète madame BAURIN. — Il ne vous a pas dit autre chose? SAi'Rix. — Non , i! n'est entré dans aucun détail. J'ai vu
aussi M. Dcii bois. Tu ne sais pas? Il marie sa fille à un
apothicaire. C'est un mariage...
MADAME SAURIN. — Il B'agit bien de cela!... Le propriétaire
tir la maison où nous devons aller ne veut pas de nous. surin. — Bah! vraiment? Il est bien difficile! madame saurin. — (m du moins il y met des conditions qui ■-m pas acceptables.
* Langage inconnu au\ gens qui n aiment pas les animaux.
saurin. — Je croyais que c'était une affaire arrangée.
MADAME SAURIN. — Ce devrait l'être; mais, au moment d'y entrer, il a exigé des choses impossibles. Pyrame ! restez ici.
saurin. — Est-ce qu'il voudrait par hasard que l'on entrât par les fenêtres ?
madame SAURIN. — Si vous allez commencer vos jeux de mots et vos plaisanteries, il est inutile que je continue à vous parler raison.
SAURIN. — Mon Dieu, chère amie, tu te fâches toujours pour rien ! T'ai-jc jamais contrariée ? Tu as voulu sortir d'ici , je t'ai laissé faire, et pourtant je m'y trouvais bien.
madame saurin. — Vous étiez on ne peut pas plus mal.
Saurin. — Je m'y plaisais, j'y avais mes habitudes. Ce logement que tu as arrêté ne te convient plus; allons-nous-en.
madame saurin. — Je ne vous ai pas dit qu'il ne me convenait plus.
saurin. — Pardon, j'avais cru l'entendre.
madame saurin. — Comme vous entendez, en général, tout ce que je dis, sans vous donner la peine de comprendre. Venez ici, Pyrame !
SAURIN. — Après tout , qu'exige donc ce nouveau propriétaire?
Madame saurin. — Il ne veut d'abord pas d'animaux dans la maison.
saurin. — Que te corné-je sans cesse aux oreilles ! Combien de querelles et d'ennuis tes animaux ne nous ont-ils pas déjà suscités !
MADAME SAURIN. — Vous, je vous connais, vous n'aimez rien au monde (pie vous ; et encore. . .
saurin. — Bien obligé.
madame saurin. — Enfin il vous faut voir ce propriétaire, il n'y a que vous qui puissiez le voir; je me garderais bien d'y aller, je lui dirais dos choses désagréables.
SAURIN. — Je ne demande pas mieux ; mais je ne le connais
le déménagement. 3;.j
pas, ce monsieur : à qui s'est-il adressé pour cotte défense? madame saorin. — \ personne.
sai rin. — ]ji ce cas . commenl a-t-on appris son antipathie
|)our les animaux?
MADAME sai rin. — Par Gustave. Couchez là, Pyrame! saurin. — Gustave l'a «loue mi?
MADAME SADRIN. — Il ne l'a pas vu non plus. SAtmiN. — Alors tu me permettras, chère amie, de trouver
tout ça fort extraordinaire. (// rit.) madame sai rin. — Riez, rie/ tout à votre aise , monsieur
Saurin, ne vous gênez pas! c'est fort drôle, en vérité ! nous
coucherons dans la rue . c'est effectivement fort plaisant ! 5A1 UN. — Mais tout le monde , à ma place, n'en ferait pas
d'autres; je suis sur que la voisine ne demande pas mieux
que de faire comme moi... (// rit plus fbrt. ) et Clémence
aus>i. démence rit aux éclats.) madame BACHELIER. — Vous feriez rire lo diable ! (Elle rit.) madame SADRIN. — Vous avez, madame, bien de la bonté de
reste!
SADRIN. — J'en ai mal au ventre ! ça fait mal au ventre de rire
comme ça !
Madame saurin. — Je ne trouve rien de plaisant à ça, au
contraire.
SAURIN. — Minus, voyons, madame Saurin, tu sais que je
suis à cent lieues de vouloir te faire de la peine. Tu me tuerais que je rirais encore (// rit.) Madame sai an*. — Je vous avais priée, mademoiselle, d'aller
chercher nies oiseaux ; \ous rirez dans la rue, vous serez
plus à votre aise encore. (Clémence sort en riant aux
éclats.)