‹ Scènes populairesChapitre 194 sur 201 · I.l s GIROUETTES · texte numérisé non relu

I.l s GIROUETTES

de Gadancourt. Quand je l'ons proposé l'autre fois, pour

nout'député, vous y riiez , monsieur Dufoy, que vous

avez dîné à quand nous.

m. ddfoï. — Eh bien?

LE l'KRE BONTMS. — N'avons -t'y point dil cctli' lois -là,

M. Faucheux, que j'étions le premier peuple d'ia terre? M. DUFOY. — .le ne nie SOUVien8 pas de cela. I.E PERI-: BONTEMS. — Ils l'aviont tout de uièuie bien dit. .M. DUFOY. — (l'es! possible, mais je ne l'ai point entendu. LE PÈRE BONTEMS. — Que les Fnuicès , il étiout le premier

peuple de la terre, le premier en a\anl de Ions les autres,

le pins brave, le plus biau, el le plus franc et le moins fai-

goant, et que c'étionl une Maie pitié de le voir aussi peu

hureux comme c'est qu'il étiont.

M. ddfoy. — Mais lui, M. Faucheux, de quoi se plaint-il ?

a'est-il pas un des plus aisés du département ? LE pèke bontems. ■ — C'étiont point lui non [tins qui lui plai-

gniont ; v'ià le pins biau, pardiue ! lui, il ne lui plaignionl

point.

M. dufoy. — II aurait grand tort.

il PERE BONTEMS. — Il éliont simplcim m malhureux de

voir le pauvre peuple point hureux.

M. DUFOY. — C'est fort beau de sa part

LE PÈRE RONTEM3. — C'éliout DOUr qui SOVOnt |)llis hureux, le premier peuple de la terre, qui vouliout être nommé

député.

M. dufoy, prenant le fausset pour donner plus de mordant à ce qu'il va dire. — Lt allons donc!

LE PÈRE BONTEMS. — Et dire qu'un bonniie comme li , y n'a\iont point été nommé avec des idées pareilles; son défaut, ii M. Faucheux, c'étiont qu'il étiont trop franc, de ne point assez dissimuler ce qu'il aviont en dehors de sa conscience, mais puisque j'sommes venus à en parler, j'sonnnes toujours bé aise de vous dire que les ceux qui

n'en ont point voulu de M. Faucheux pour aout'dépttté ,

il étionl tous des vraies bêtes.

M. DUFOY. — Bien obligé.

LE PÈRE BONTEMS. — Dam ! au fait, c'étiont-t'y point le meilleur et le plus charitable des humains, M. Faucheux, le plus brave et le plus sincère?

m. DUFOY. — Vous n'avez pas toujours dit cela ; il fut un

temps... le père bontems. — C'éliont du temps à défunt sa femme, qu'éliont not' cousine , une gale , un démon fini ; c'éliont bé n'elle qu'étiont l'auteur que nous nous avons fâchés, car j'ons toujours respecté M. Faucheux , toujours . toujours. Mais vous , monsieur Dufoy, vous le détestez au fond du cœur, pas vrai , M. Faucheux ?

M. dufoy. — Je n'ai pas de raisons pour cela , vous vous

trompez.

LE père bontems. — Écoulez, j'savons ce que j'savons; j'en savons peut-être plus que vous là-dessus, et si j 'voulions... Écoulez-moi...

M. dufoy. — Je vous écoute.

le père bontems. — S'il aviont seulement voulu , dans les temps du mariage de son garçon avec vout' demoiselle, M. Faucheux, vous seriez, à l'heure qu'il étiont, les deux doigts de la main. C'est-t'y vrai? heim ! M. dufoy. — Pas tout à fait.

le Père bontems. — Pourquoi alors que vous ne l'avez point nommé, si c'éliont la chose que vous n'étiez point ami avec? Ce pauvre M. Faucheux , c'éliont la bonté en personne, la bête au bon Dieu.

m. DUFOY. — C'est peut-être un peu pour ça qu'on ne l'a

point nommé?

le PÈRE bontems. — Vous ne vous a point gêné pour en dire

des horreurs.

m. dufoy. — Cela n'est pas j'ai seulement dit, et je ne crains

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point de le répéter, que nous pouvions faire un meilleur i noix . et uous l'avons fait .

le pèbe bontems. — Vous avez fait de la belle ouvrage; qui

que vous a nommé à sa place? vous a nommé M. de Grandbois, un vieux point grand'chose, un vieux mangeux de messes, un homme qui leux engraissont de la sueur au pauvre monde, un paroissien qui ne sortont point des piètres, le malheur d'nout' pays, les piètres et les calolins.

M. Di FOï. — Moins que tout autre, père Bontems, vous avez à vous plaindre de M. de Grandbois.

le père rontems. — Qu'est-ce qu'il aviont déjà tant fait pour mé , que je l'aimions tant? J'sonimes-t'y plus riche quej'étions quand il aviont revenu avec les autres?

m. dltoy. — Et pour vos enfants, que n'a-i-il point fait, • pie (le bontés n'a-t-il pas eues?

LE PÈRE BONTEMS. — J 'aurions autant aimé qu'il ne s'en soyont point tant occupé, marchez, ils n'auriont point tant jasé qu'il ont jasé, si j avions point évu si bon dos, j'auriont point tant seulement pu porter sur l'cœur ce que j'ons porté pendant plus de quatorze ans qu'avonl duré not' pauvr' femme ; l'ont-t'y assez long-temps montrée au doigt? La pauvre chère amie! (pie si aile aviont évu tant seulement pour deux liards de cœur au ventre, il y a du temps qu'aile en serionl morte à la peine ; aussi vous l'a vue, monsieur Dufoy, aile aviont fini bien avant que j 'osions l'espérer, et s'il aviont fait quéque chose pour nié , l'vieux chien d'Grandbois, je l'avons bien payé, marchez.

M. dltoy. — Je vous engage, néanmoins, et cela dans votre intérêt, .1 garder un peu plus de mesure.

I.J PÈRE BONTEMS. — Qu'est qui pourriont nf faire? Je ne le craignons point... S'il étiont tant seulement un Fiancé, voyez-vous ....

M. DUFOY. — lili bien?

LE PÈRE C03TEMS. — Je nous entendons .Mais rien,

voyez-vous, monsieur Dufoy, moins que rien. Tandis que M. Faucheux , le roi des hommes, s't'ilà , le France des Francis, l'homme de la chose, c'étiont comme ça qui distant.

M. DUFOY. — Je me rappelle cependant vous avoir vu parfaitement disposé en faveur de i>l. Grandhois.

LE père BONTEMS. — Y a hé du temps.

M. dufoy. — Qui a pu vous faire changer h ce point?

LE PÈRE BONTEMS. — Pourquoi que j'ons sangê ?

M. DUFOY. — Oui; pour quel motif?

LE père ROntems. — J'avons point sangê , y m'ont emmené, les z'autres, à quand eux , y m'ont ouvart les z'yeux au moment qu'j'allions m'tourner contr' la France, n'ol' pays à tous , la mère d'Ia patrie, qui leur distant, avec nos institutions des institutions, et des constitutions des constitutionnels à mort, et des renfoncements des previiégiés. Pour lors, j'ons ouvart les yeux , j'ons vu Yprécîpicc où qu'j'allions entrer, et j 'sommes devenu ce que j'sommes à c't'heure , France jusqu'à la dernière goutte d'uot' sang. Ça, je l'ons juré : y me l'ont demandé, je l'ons fé ; à preuve, c'est que j'sommes venu dans les voitures qu'ils aviont payées. iM. d'Grandbois, tout d'Grandbois qu'il étiont, eh bien ! pour nous en redevenir, j'ons préféré nous en r'devenir sus nos pieds.

M. dufoy. — Vous êtes revenu dans un joli état; je m'en souviens.

le père bontems. — Dam! écoutez donc, quand on est avec des Francês , faut bien être France.

M. DUFOY. — Des Français? des ivrognes, vous voulez dire.

LE PÈRE BONTEMS. — Des vrais Francês.

M. dufoy. — Vous feriez mieux de vous occuper de choses qui vous tout lient de plus près.

le père BONTEMS. — Pour ce qui est de ça, j'm'en occupons.

M. dufoy. — Ne ferez-vous rien, par exemple, pour votre

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