DESJARDINS, MADAME DESJARDINS
madame DESJARDINS. — Eli ben , Desjardins! est-ce que tu n»' vas pas commencer à le coucher... que tu vas encore faire comme lotîtes les jours, te brûler le sang au poêle? que c'est vrai que tu n'es pas non plus raisonnable de roupiller comme lu roupilles.
DESJARDINS. — Ça t'est ben facile à dire que je roupille ; je voudraisvoir si c'est que lu roupillerais, si t'avais ce quej'ai.
M vdamk DESJ \r.ni\s. — Je l'aurais que je le supporterais ; j'en ai vu d'autres... Dieu merci, on a bien raison de dire que les femmes c'est sur la terre pour souffrir et pasaui'cfaose. Vous avez les douceurs et nous les paquets; mais vous aimez qu'on vous plaigne, c'est vot'earactère. Fais ce que je te dis, va te coucher et laisse-moi tranquille ; tu m 'ennuies; je m- suis pas de mauvaise humeur, je le dépendrais; c'est pas la peine. T'as pas fermé la porte de la rue?
c SCÈNES POPULAIRES.
nr.s.T.uinixs. — P'têtr'e ben qu'oui, p'têtre beo que non; je n'sais rien.
MADAME DES JARDINS. — J'vas la fermer... Bon, v'ià Azor qu'est parti ; j'ai jamais mi d'homme coureur comme ce chien là... Où est-ce qu'il est à c'te heure? Azor! Je t'en moque! Tu vas me le payer! Voulez-vous venir ici , mau- \ais sujet !... J'vas aller à loi, polisson! Ah! vous voilà! venez ici, quand j'vous l'dis. {Azor, assis sur sou derrière à dix pas de sa maîtresse, implore sou pardon. en ricanant et laissant entrevoir l'extrémité de sa tangue.) Je vous vois ; vous êtes timide quand vous avez fait des sotises. {Elle rentre dans sa loge, saisit an l'oaet suspendu à un clou derrière la porte, en détache un coup sur ta partie inférieure des reins d'Azor, qui, ne fuyant pas assez vite, pousse un cri ptantif et va se réfugier sous {'établi du tailleur.) Reviens z'y, intrigant! Venez ici à présent, je veux \ous voir; vous ne dites rien? J'vous dis de venir ici, j'ai à vous parler... Vous ne voulez pas?... Ah! vous voilà! c'est bien heureux! Le ferez-vous encore?... plaît-il?... je ne vous entends pas. .. c'est pas des caresses que je vous demande, c'est de la conduite. Le ferez-vous encore?... dites-le tout de suite... vous ne le voulez pas? (Azor garde le silence le plus absolu; puis, voyant sa maîtresse brandir de nouveau son fouet, il regagne au plus vite sa. cachette en recevant sur la même partie du corps un coup de l'importance du premier.)