DURET, MADAME DURET
MADAME DURET. — Elle est bête connue un chou, cette petite fille... Elle ne sait pas dire deux mots.
Di hit. — Il ne faudrait pas dire ça devant la mère.
MADAME DURET. — On va le dire aussi... Vous êtes singulier, monsieur Duret ! vous êtes parfois d'une simplicité. ..
DURET. — Il me tarde que l'on se mette à table ; j'ai mon pauvre estomac sur les talons.
madame DURET. — Vous savez bien, monsieur Duret , que i '. m toujours ici la même chose. Est-ce qu'on sait jamais quand est-ce qu'on dînera? C'est pour cela que je déteste venir dîner ici , moi. Après cela , vous voulez toujours arriver le premier. De quoi avons-nous l'air? d'affamés...
Dl RET. — Je n'aime pas à me faire attendre.
MADAME DURET.- — (.'est bon d'arrix er le premier à votre bureau, et encore... on VOUS en sait bon gré, n'est-ce pas?
duret. — Que veux-tu?
MADAME DURET. — Il devient bien gras, leur papier; dire que nous a\ons eu le nôtre en même temps.
DURET. ■ — Nous n'avons pas d'enfants, non plus.
MADAME DURET. — \ qui la faute? (On sonne.)
sci'-.m: IX.
LEg PRÉCÉDENTS, NARGEOT.
NARGEOT , à Vlci ovine, en dehors. — M. et madame votre mère se portent bien? (// salue en entrant M. et madame Duret.)
madame duret. — Cette pauvre madame Joly se donne bien du mal. [Elle va à la fenêtre.) On a beaucoup de vue ici.
NARGEOT. — Beaucoup, oui, madame... il y aura beaucoup de monde aujourd'hui à la promenade.
madame duret. — Oui, mousieur ; nous avons traversé les boulevards en venant ici : il y avait un monde affreux.
NARGEOT. — Oui, madame , il y a beaucoup de monde dehors.
madame duret. — Il y a tant de gens qui n'ont que leur dimanche !
NARGEOT. — C'est un fait... que l'on en profite.
MADAME DURET. — Oui , monsieur.