SCÈNE X
LES PRÉCÉDENTS, MADAME JOLY
madame JOLY. — Excusez si M. Joly n'est pas là ; il va rentrer tout de suite.
nargeot. — Madame, j'ai bien l'honneur...
madame JOLY. — Ah ! je ne vous voyais pas de prime-abord, monsieur Nargeot. C'est ma fille qui ne me dit rien ; elle a une de ses amies qu'elle cause avec elle de la croisée ; qu'elle ne sort que les dimanches, qu'on ne peut pas l'avoir un instant...
madame DURET. — Que voulez-vous? c'est de son âge. {Duret, fixe ci immobile, regarde les tableaux depuis l'arrivée de Nargeot.)
madame JOLY. — Vous avez raison... Mais on doit aussi être
un peu à la société... Comment se portent M. el madame votre mère, monsieur Nargeot ?
NARGEOT. — .Mais, vous êtes bien honnête... merci, madame , ils vous disent mille choses.
madame joly. — Et la pharmacie, comment la gouvernezvous?
NARGEOT. — Vous me faites honneur, madame.
MADAME DURET. — Ah! monsieur est monsieur Nargeot... que vos parents sont à Fontainebleau ?
nargeot. — Oui , madame.
Madame DURET. — Et monsieur est chez l'apothicaire? Joli état!... cela vaut mieux que les bureaux.
madame joly. — C'est ce que nous disons tous les jours avec M. Joly.
madame DURET. — Dis donc , Durct!... les bureaux...
DURET, sortant de sa rêverie sans changer de place. — Oui , c'est une jolie partie, au temps où nous sommes.
madame joly. — Excusez , je vais faire un tour là-bas.
madame duret. — Faites, madame Joly, faites Ah!
M. votre père est à Fontainebleau... pays du raisin.
nargeot. — Oui , madame.
madame DURET. — Il a là un jardin ?
:\argeot. — Non, madame. (On sonne.)