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I.E PÈRE BONTEMS. — Êtes-vous-t'y un brave homme

M. Dl'FOY. — Mais je crois que oui.

1 1 pj re BONTEMS. Je sommes braves itou : j'sommes Fran-

LE MARÉCHAL. — J'sommes trois Fiancés, pas vrai, monsieur Dufoj .' m. père bontehs. — El des vrais Francés. m. dufoy. — Où voulez-vous en venir?

I I MARÉCHAL. — Dites z'\ VOl' coule il c't'honiine, père Bon-

tems.

il PÈRE BONTEMS. — D'abord, J'VOUS prévenons que c'étioill

des horreurs qui m'avionl fait l'Faocheux. le maréchal. —Sans compter qu'il en aviont descendu à

la première révolution qui l'avionl point tant mérité (pie li, marchez.

m. dufoy. — Quand vous voudrez, père Bontems, je suis à vos ordres.

LE MARÉCHAL. — Faut-t'y qui sci/ ont brigand de s'adresser à un homme d'âge.

M. DUFOY. — Si vous parlez toujours, maréchal, il me sera impossible de rien apprendre.

le maréchal. — V ous na qu'à v'ni cheux nous , papa Bontems, que li disiont, 1'sournois qu'il étiout. Quand vous viendrez à avoir de besoin de queut' chose, regardez not' maison ne pus ne moins que si quelle étiont à vous en propre, le t'en fiche !

LE PÈRE BONTEMS. — J'ons qu'à m'y présenter, à leux baraque de maison, j'y s'rons ben traité, marchez.

M. dufoy. — Et que lui demandiez-vous?

le père bontems. — J'y demandions rien.

M. dufoy. — Comment alors a-t-il pu vous refuser?

le père bontems. — Une bêtise.

LE maréchal. — Je vous avions dit de vous en méfier.

le père bontems. — J'ons regret de ne point avoir écouté.

LE maréchal. — Il étiont capable de tout. Un vieux chien qu'y m 'avion t dressé un procès-verbal le lenredemain (pie je l'avions nommé député.

M. dufoy. — Et pourquoi ce procès-verbal?

le MAKÉCHAL. — Pour un rien.

m. dufoy. — Mais encore?

le maréchal. — Tout ça par rapport que not'pelit il avionl tiré queuqnes coups de fusil sur ses vieilles volailles; si faut pas mieux qu'un afant, il eux amusions avec un fusil aux environs de ses père et mère (pie de fréquenter des mauvaises gens. Un afant d'dix-huit ans! J'en ons évu pour dix-neuf francs aveucq c' vieux Faucheux-là.

LE PÈRE BONTEMS. — C'étiont leux garde qui l'avionl dressé

LES GIROUETTES. k03

['procès-verbal; tandis qu'à mé, c'étioni li en persouue, el a mé bé pus fort qu'à té.

il maréchal. — C'étioni point pu fort que des'fâcber quand

j'nous onl mis Ions de dieux nous dans ieux \i( ux liane.

que d'puis dix-sept mois je nous y mettions. m. niTOY. — lui conscience, maréchal, vous avez bien le

moyen de louer un banc.

LE MARÉCHAL. — Mais pisqu'v n'v venionl jamais dans Ieux

vieux banc , el qu'il avioul choisi l'jour de Pâques qu'l'é-

glise il étiont pleine, pour nous dire de nous en aller. \\. ddfoy. Ne me disiez-vous pas que ce qui a été fait à

votre égard était plus fort encore, père Bontems. LE PÈRE BONTEMS. — Il étiont si affreux que, si j'avions évu

dix années d'moins, j'j brésillions tout dieux eux, quoi ! \l. DDFOY. — Vous auriez eu toi t.

i.E MARÉCHAL. — Vous ne pourrez jamais connaître ce que • j'ons souffert aveucq li.

LE PÈRE BONTEMS. — Jamais, jamais.

LE MARÉCHAL. — Ditcs-z'y donc pourquoi ; vous pouvez bien

y dire, à c't nomme.

M. DUFOY. — Ce sera, après ça, comme vous voudrez , père

Bontems.

LE PÈRE BONTEMS. — Pisque vous y tenez, \ous allez en ju

ger.

M. DL'FOY. —.le suis tout oreilles.

le péri: BONTEMS. Vous saurez, monsieur Dufoy, que (lieux nous j'ons jamais rien refusé à personne.

vi. DDFOT. — C'est une justice à vous rendre.

i.i maréchal. J'ons de besoin les uns aux autres dans la

vie du monde, les uns d'une chose, les uns d'une autre ;

ce que j'ons point vous l'avez, et voil i ! m. m foy. — Continuez.

LE Pi RE BONTEMS. — J'ons jamais rien refuse à personne 1 1 m \i;i.< ii \i - Nous a toujours été trop franc.

40'. SOÈNES POPULAIRES

LE PÈRE bontems. — J'y oi)s point de regret. Fh ben ! voilà la chose qui m'aviont faite, l' Faucheux, qui j'vivions cent ans core, que je l'oublierions point; la voilà.

M. DUFOY. —Voyons.

LE PÈRE BONTEMS. — J'étions sorti tantôt aveucq l'inaréclKil

le maréchal. — Tous deux n'eiisenible.

LE PÈRE BONTEMS. — L'inaréchal y m'dit, dit-t'y, père Bonlems, quoiqu'vous payez? J'y dis, dit-t'y, j'te payons tout c'que tu voudras, mon garçon. Bon! qui me dit, dit-t'y, c'que vous voudrez ; j'y réponds : Bon ! que je dis. Sur ce, j'buvons une première.

le maréchal. — J'en buvons deux.

le père bontems. — J'en buvons trois.

le maréchal. — J'en buvons quatre.

le père BONTEMS. — Ainsi d'suite; pis j'allons chez l'Faucheux, ousque j' avions à li parler... Eh ben ! savez-vous ce qu'il ont répondu ?

M. DUFOY. — Pas encore.

le père bontems. — Il aviont répondu non... C'étiont-t'y un affront faire à un honnête homme ?

LE maréchal. — ,\ un Français.

M. dlfoy. — Mais que lui demandiez -vous ?

LE père bontems. — J'y demandions rien.

m. dufoy. — Décidément , père Bontems, je vais vous souhaiter le bonjour.

LE Père bontems, le retenant. — Deux minutes, M. Dufoy.

M. dufoy. — Vous n'en finissez jamais, mon cher, j'ai à faire ; c'est insupportable.

le maréchal. — Deux minutes, qu'on vous dit.

M. dlfoy. — Voilà deux heures, bientôt, que vous Oies là à me tenir le bec dans l'eau...

LE PÈRE bontlMS. — Deux minutes.

LE MARÉCHAL, •-- Pas davantage.

LES (.IKOU.ÏÏI -

m. dufoy. — Eli bien! quelle esl cette chose, qu'il vous y

refusée ?

! i hàréchm . !>it> « li, ailes, tant pis.

LE PÈRE BONTEMS. — \oils\ tenez?

m. dufoy. — Je viens de vous dire pourquoi. LE PÈRE BONTEMS. — J'VOUS l'allons couler. M. DUFOY. — Dépêche/... pourquoi ce relus?

I i: PÈRE BONTEMS. — Eh l>eii ! c'éliont... faul-t'y li dire, dis,

Mérovée?

i.i. m \ reçu al. — Dites-z'y.

LE PÈRE BONTEMS. — Pour une échelle.

M. DUFOY. — El c'esl pour cela, pour une échelle ï

LE MARÉCHAL. — (. éliont-ly point assez?

M. DUFOY. — Vous êtes fous.

i i PÈRE BONTEMS. — In homme si riche! nous faire y donuer dix-neuf francs pour des bigres de pigeons de rien, un mauvais gars que j'ons nommé député!

LE MARÉCHAL. — Qui s"cn veniont cheux nous des dix fois la journée !

le père BONTEMS. I ne méchante échelle de rien , qui nous est refusée.

LE maréchal. — Et mes dix-neuf francs, (pie j'y ont donnés !

LE PÈBE BONTEMS. — Et nos voix, donc! que j'y ons accordées !

II maréchal. — Si y a jamais queuqu'chose de changé, marchez.

le père bontems. — l'votei ons plutôt pour M. d'Grandb >is.

LE maréchal. — Mé itou , bé sûr.

le père bontems. — G'étiont core un fier, M. d'Grandbois.

i l. maréchal. — Après tout, n'étiont-t'y point dans son droit d'être fier, un seigneur ! c'étiont-t'y point leux état «le l'être ! il étionl lié fier itou, c'vilain Faucheux-là . pourquoi que l'autre ue le serionl point . pisqu'il étionl noble.

ior, SCÈNES POPULAIRES.

LE PÈiiK BONTEMS. — T'ncz , tant pis, monsieur Dnfoy, faut

que vous me remettiez avec li.

LE maréchal. — Vous serez un brave homme pour mé itou. M. dufoy. — Co serait avec grand plaisir, messieurs; mais je

retourne tantôt à Paris ; bien le bonjour.

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