LES PRÉCÉDENTS, ARRIVANTS, LER1CHE
leriche. — Bonsoir, tout le monde. Et Duflos?... ah! le voilà! Bonsoir, papa! (// lui frappe sur le ventre.) Vous dormez trop, gros cher ami ; faut prendre garde à ça. {A madame Despans.) Bonsoir, belle dame! Tiens, Alphonse! eh! bonsoir! on ne vous voit plus, comme vous m'avez envoyé votre marchand de cigares ! Alphonse. — Vous demeurez toujours au même endroit? leriche. — Toujours ; et la daine de céans, où donc est elle ? madame DE LUCY. — Me voilà , je vous ai entendu. leriche, lui baisant la main. — Bonsoir, belle dame! vous êtes tout bonnement ravissante , ce soir. . . Eh ! mais, dites donc? ça n'a pas l'air très-animé, ce soir. On ne danse donc pas? on ne fait donc rien? Qui est-ce quia organisé tout ça?
madame de lucy. — C'est monsieur, prenez-vous-en à lui. leriche. — Comment! c'est vous, mon pauvre Duflos? Et vos musiciens , où sont-ils donc? Avez-vous des musiciens? Si vous n'en avez pas, je vais vous en procurer; mon cabriolet est en bas.
madame de lucy. — Leriche , je vous en supplie , ne faites
pas tant de bruit.
leriche. — Ma foi, tant pis, j'en suis bien fâché; je suis venu pour m'amuser, il faut que je m'amuse. Et mon jeune homme ?
madame de lucy. — Il doit venir... Je vous croyais à sa
campagne ?
leriche. — J'y étais il y a six mois.
madame de LtJCY. — Sans cela , je vous aurais écrit.
leriche. — Ça oe t'.iii rien , je vous en ai la même obligation : l'intention est réputée pour le fait. C'esl tantôt, à la Bourse, j'ai appris que vous donniez un bal , une soirée , je ne sais pasquoi, etme voilà... Ah Ij'enlends les violons, à la bonne heure... Quelle est donc cette petite brune là-bas?
MADAME DE LDCT. — Madame Saint- Kstève.
leriche. — Ab ! c'est là madame Saint-Estève ! j'en ai beaucoup entendu parier. Une ancienne famille du Poitou , n'est-ce pas. ces Saint-Estève? Mais elle est très-gentille ; la femme d'un receveur général, je crois?
MADAME DE Ll'C.Y. — Vous êtes insupportable !
leriche. — Eh bien! non; voyons, ne vous fâchez pas... je serai comme il faut, je vous le promets... Tenez, tenez, voyez donc Duflos, il fait la cour à Zoé... Sans rancune, n'est-ce pas?... je vas voir ce qui se passe là-bas. (Il s'eioigne.)