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I ! ROMAN CHEZ LA PORTIÈRE

dernière fois. (Le portier, réveilla in sursaut, tire le cordon de la soupente.) Qu'est-ce qui te prie d'ouvrir, anima!'.'

M. LASERRE et le Maître de M ^DEMOISELLE REINE,

entrant en menu temps.

\i. i \si-t.ui:. — Pourquoi tardez-vous autant, madame Desjardins?

m \dami: DESJ UtDJNS. — Les ordres do monsieur sont de ne plus ouvrir passé minuit.

m. LASERRE, tirant froidement ses montres. — Il est minuit moins un quart à mes deux montres comme à voire borlogc, et comme voilà un quart d'heure que j'attends...

.madame DESJARDINS. — !l est ménuit passé... votre montre est une patraque.

LE maître de mademoiselle reine. — La mienne marque également minuit moins un quart , madame.

madame desjardins, mielleusement. — Ah! c'est différent , la vôtre va bien. ,

LE MAÎTRE DE MADEMOISELLE REINE. — Quels sont donc CCS nouveaux ordres? Comment, les locataires ne peuvent plus rentrer passé minuit ?

MADAME DESJARDINS. — Oh! monsieur, ces ordres-là ne sont pas pour tout l'monde.

m. LASERRE. — C'est-à-dire (pie c'est pour moi; c'est poli.

MADAME DESJARDINS. — Vous n'm'avez pas payée pour ça.

LE maître DE MADEMOISELLE REINE. — Allons , ailons, madame Desjardins, ne répondez pas ainsi.

MADAME desjardins, avec empressement. — Ah mon Dieu! vous avez bien raison... {Donnant la lumière à mademoiselle Reine.) Monsieur, voici votre lumière; on est fait pour vous attendre, el c'est it\ce plaisir.

LE MAÎTRE DE MADEMOISELLE REINE, maniant, l'escalier,

à madame Desjardins. — Mère Desjardins, oo doit des

égards à tout le monde. [II. su/ne U. Laserre.) M. laserre. — Monsieur, j'ai L'honneur de \ons présenter

mes respects.

MADAME DESJARDINS. — Tuez donc, monsieur Laserre , voici

trois cartes et deux lettres qui traînent ici depuis huit

jours.

M. I.ASERRE. — Comment? depuis Iiuil jours ! MADAME desjardins. — Oui... fallait-il pas vous les monter? M. laserre. — Ce sont les nouvelles cpie j'attendais... Vous

auriez dû au moins me prévenir que vous aviez une

lettre pour moi.

madame DESJARDINS. — Ah beû! par exemple!... fallait me

d'mander s'il y avait queuq' chose pour vous. {Elle ferme

son carreau et sou/jfc sa chandelle.) M. LASERRE , dans la plus profonde obscurité de l'escalier. — Comme cette canaille est intéressée. (Il se

heurte.) madame desjardlxs, écoutant. — S'il pouvait se casser

l'nez! (On entend M. Laserre tomber.) Dieu vous

bénisse !

madame pochet, se réveillant. — N'y a pas d'quoi....

voisine. Ah çà, passez-moi donc vot 'chaufferette, quej'ral-

lume ma lumière.

madame desjardins. — Eh! attendez donc, que c'erasseux

ne profile pas de la clarté.

tJNE voix de COCHER, en dehors. — La porte.... s'il vous

plaît!...

MADAME POCiiEr. — Justement, v'ià le premier qui rentre. m iDAME DESJARDiNS, Allant ouvrir la porte cochère. —

Azor, v'nez ici.

LA \<>ix DE COCHER, — La porte, s'il vous plaît! MADAME DESJARDINS. — Eh ! on y va. (La voiture passi ;

elle ferme sa porte.) Madame rentre avec monsieur;

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