IIS PRÉCÉDENTS, MESDAMES RADOULARD, POTAIN, TOUTES LES VOISINES
madame r.ADOULARD. — Tenez, monsieur, voilà votre congé en bonne forme ; vous allez avoir à vous en aller, et promptement.
Théodore. — Pas possible ; ça ne peut pas être ! comment! le père Lasserre, le plus brave homme de la terre, (il/. Lasserre, stupéfait , laisse tomber à terre sa caisse et .m .v capucines.)
madame potaix, à Olympe. — Vous voyez s'ils se soutiennent. (Olympe pleure.)
THÉODORE. — Eh ben ! qu'est-ce que vous avez donc, mademoiselle Olympe ? ça vous fait de la peine , n'est-ce pas?
olympe. — Laissez-moi, monsieur, c'est abominable!
tiilodorf. — Certainement, que c'est abominable !
OLYMPE. — Vous êtes nu monstre !
THÉODORE. — Qui ça , moi ?
olympe. — Oui, vous!... vous vous entendez ensemhle.
THÉODORE. — Entendons... pourquoi?
Madame RADOLLARD. — Allons, monsieur Théodore, il faut s'expliquer; nous sommes ici entre nous; quelles sont vos intentions?
THÉODORE. — Je vous les ai dites ce matin, mes intentions; je veux me marier.
MADAME BADOULARD. — Je YeUX... JO VCUX... Je ll'veilX pas,
moi!... Où sont vos papiers de famille?
THÉODORE. — Mes papiers? tenez, mes papiers... je les ai justement... M. Cliamoiseau, mon bourgeois, me les a remis, mes papiers... les voilà, mes papiers... Lisez-les, vous, madame Potain...
MADAME potain. — Ça ne me regarde pas, monsieur, je ne me mêle jamais de ce qui ne me regarde pas...
THÉODORE. — Lisez toujours , allez.
madame badoulard. — Lisez... lisez... madame Polain.
madame potain, lit. — «L'an mil... etc.. est comparu devant nous le sieur Jean-Stanislas-Eugène Beaudessous , et... Eustache - Philibert Bourson, demeurant à Saint- Gloud... » Ah ! ciel ! je me meurs. (Elle tombe d<ins les tiras des voisines.)
Théodore continue. — Ah! mon Dieu !„... « Et Georgette- Séraphine Bidois. . . »
M. LASSERRE. — Bidois ! Ah ! Seigneur, Dieu !
Théodore. — Lesquels ont déclaré un enfant du sexe masculin. »
madame potain. — Ah! ciel! qui aurait pu s'attendre?... Viens, Théodore ; viens, mon ami !
THÉODORE. — Ah ! ben ! ah ! voilà , d'une sévère !
madame potain. — Viens, mon cher fds... Oui, mesdames, oui , vous me voyez la plus heureuse des mères , des épouses... Ah ! monsieur Saint- Amand, vous m'êtes donc rendu !
M. lasserre. — Moi , madame ! je ne suis pas lié.
madame potain. — J'ai votre parole... vous êtes son père, je suis sa mère... Olympe, viens, ma fille, embrasse son père... Tout, désormais, doit être oublié entre nous, cher Saint-Amand.
M. lasserre. — Je ne sais encore où j'en suis... Tous les jours se suivent et ne se ressemblent pas , heureusement ; car je sens bien que je n'y pourrais pas tenir.
PKÉC1S HISTORIQUE