‹ Scènes populairesChapitre 68 sur 201 · ET DE LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

ET DE LA RESTAURATION

La scèi e se passe aux Tuileries, en août 1830, entre un vieux sergecl et Pacet, jeune soldat.)

LE sergent. — Gomment que tu trouves la maison que nous \ montons la garde? lu ae t'as jamais trouvé dans des endroits pareils?

p vcot. — Non , sergent.

1 1 SERGENT. — Eh bien! c'est un endroit qu'est pour le présent., présentement vacant, que ceux qui y habitaient on les a corrigés.

PACO T. — Oui , sergent.

LE SERGENT. — Que c'étaient des citoyens qu'on n'en était pas suffisamment satisfait.

PACOT. — Oui , sergent.

LE SERGENT. — Car, moi, qui te parle, j'ai vu ici des choses qui te feraient dresser les cheveux de dessus la tète.

P.vcoT. — Oui, sergent.

LE SERGENT. — Je ne suis pas fait d'hier, afin (pie tu ayes à le savoir. On ne sait pas ce qui peut arriver ; tu peux avoir un jour à répondre là dessus , je veux te le dire.. . et voilà... Je n'ai pas toujours été ce que je suis... J'étais simple enfant, et pas comme au jour d'aujourd'hui chevronné, décoré... et tout ce qui s'en a suivi. . . Eh bien !. .. pour lors. .. il y avait donc ici un gouvernement... qu'on criait pour le changer, pour qu'il ne voulait pas absolument marcher an pas... On le fil descendre par les escaliers, plus vite que ça.... et un matin, là bas, au bout du jardin , il lui est arrivé l'accident de devenir un gouvernement... martyr, qu'on l'appelle!... Tu m'entends... c'était une bêtise... on

en est revenu... on a un autre genre aujourd'hui pour que cela s'est perfectionné... Et ci un.

pacot. — Oui , sergent

LE sergent. — Eh bien ! donc, pour lors...

pacot. — Oui , sergent

LE sergent. — Laisse-moi donc articuler, et ne me coupe pas... qu'il n'y a rien qui soye pins désagréable aux personnes... Eh bien ! donc, pour lors, il y eut du train longtemps. Il y en a beaucoup qui se sont en allés , quitte revenir quand cela ne serait plus si chaud, ce qu'ils ont fait... Il y eut donc des choses.... des abominations.... enfin de tout... le tremblement, quoi!... Et alors, le gouvernement, c'était comme qui dirait toi et moi... Nous autres, les troupes , nous nous couvrions de gloire et de réputation , le tout sans pain et sans souliers... si bien que tous ceux qu'étaient restés ils se battaient, ils se tapaient , fallait voir.... Si ce n'eût été que ça; mais ils s'envoyaient mourir... enfin les cent coups, quoi!... Aussi, voilà que c'était par trop fort de café , comme dit c't autre : il s'en montait , il s'en descendait tous les jours; à toi, à moi la paille de fer. Ça n'pouvait pas durer. Voilà, ma foi, qu'on nomme trois gouvernements, que, parmi eux, le plus petit était un malin fini, qui ne dit rien , qu'empoigne la grenouille , et qui fait des deux autres ses domestiques.. . lui pas béte. . . Et de deux. Ce farceur-là donc, que j'te dis, qu'était bon là et qu'entendait la manœuvre... un chien uayé, enfin... le voilà qui dit : « Je veux ceci, je veux cela.... » On l'iaisse faire et on le regarde... Voilà qu'i dit, dit-il : « Je veux faire voir du pays aux troupes. » On l'iaisse faire encore. Nous trimons... nous retrimons dans la Pologne, Russie et autres endroits où l'on fait les cent-dix-neuf coups. . c'était juste, parce que le soldat ne connaît que son drapeau... On avait la petite, la grande tenue, de l'argent... des femmes... des boucles d'argent à ses souliers... enfin c'était le bon temps... Les paysans qui di-

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soient la moindre des choses, enfoncés... Toi, toi-même, t'aurais dansce temps-là embêté 1< s bourgeois qu'ont l'air présentement il*1 nous faire la queue... C'était trop beau, ça uepouvaitpas durer! Les v'ià qui se mettenl Jdix, vingt, trente, - tante, deux cents cou tic un; en v'Ià de chez nous qui tirent le cordon, ouvrent la porte en manière de suisses, et v'Ià qu'on met mou gouvernement dedans à la porte. Et de trois.

pacot. — Oui , sergent.

il. SI r.c.i "M. — Moi, pendant ce temps-là, j'étais tranquillement au dépôt, que j'étais blessé, que je puis te faire Voir où ; que je reviens ici ousce que nous sommes de garde et que je vois le nouveau gouvernement.. Marmite renversée ! les autorités la même chose... C'était pour lors un gros vieux poudré , avec une queue et des êpaulettes sur un habit bourgeois, qu'avait des guêtres plus grosses que toi, et de velours, encore !. .. Il ne marchait pas si bien que l'autre, celui-là î... Il n'marchait pas du tout... v'ià qu'on l'pose là-haut sus c'te croisée... v'ià que de sa croisée mon paroissien, sus son fauteuil, me passait en revue... Moij'dis: « Eh bien! à la bonne heure ; en v'ià, une sévère ! a Qu'un petit jeune homme rose qu'était mon lieutenant me dit : « Vous me ferez l'amitié d'aller huit jours à la salle de police pour voir si j'y suis. » Et voilà le gouvernement que c'était.

PACOT. — Oui , sergent.

LE SERGENT. — J'attendis pas longtemps... L'autre gouvernement r'arrive avec son petit chapeau et sa redingote grise, et \oilà le gros vieux qui va se faire poudrer dans une autre garnison... Oui, mais vlii les autres qui r'viennent, les mêmes de d'ehez nous r'ouvrent la porte. On fait mieux que ça, encore, et voilà le gros poudré qui revient... Ah ! : pour le coup, que v'Ià qu'il en fait aussi, celui-là, des bêtises... v'Ià les farces qui recommencent... v'Ià l'infanterie en blanc... \'là les prêtres qui viennent manger la îimitié de ma crois, v'Ià la guillotine qui s'met à jouer...

(tu enlève le goût du pain au monde... ça allait bien... v'ià aussi les régiments d'officiers qui viennent nous relever... nous, on nous met à la porte du dehors... la garde nationale , on l'envoie là-bas pour garder les commodités. On ne dit rien, on se laisse faire... v'ià le vieux poudré qui s'en va rejoindre mon grand-père ! Et de quatre.

tacot. — Oui , sergent.

LE sergent. — Via donc son remplaçant qui vient prendre; sa chaise. C'est pas un fort, celui-là ! Il a un enfant qu'est pas beau, qui fait des grimaces pendant la parade, et qui n'est pas solide sus l'école du peloton. C'est égal. On n'dit rien et la ligne non plus... ça n'va pas mieux... ça n'va pas plus pire. . . Mais v'ià qu'ils envoient un de ces matins la garde faire l'exercice à feu dans Paris. . . la chose de rire !. . . Le bourgeois, lui, ça l'embête, ça te le trouble... i se fâche... \"là la garde qu'embêtait la ligne qui s'met à embêter le bourgeois, le bourgeois embête la garde , i vous y envoie des pavés sur les reins, que ça vous lui brise les pompons. Finalement, la garde est exterminée , la ligne a l'estime de la nation , et le gouvernement est enfoncé... Et de cinq.

pacot. — Oui , sergent.

le sergent. — Pour lors, nous obtenons un sixième gouvernement, qu'a l'air de se promener à pied en bourgeois avec son parapluie; que son fds a été à l'école nationale, et qu'il a l'approbation' du militaire et du civil ; qu'ils ont donné des poignets de main fraternelles à la patrie et qu'oïl a supprimé les quatre pointes de saint Louis, et qu'il n'y a plus que les cinq de c'te croix-là , qu'on en touchera le revenu régulier: pour lors, tout est rentré dans l'ordre, et que nous pouvons voir le gouvernement et son épouse comme je te Fois.

pacot. — Oui , sergent , c'est fameux !

le sergent. — Oui! si on veut... ça s'ra p't'êlre encore à r'commencer bientôt , attendons.

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