‹ Scènes populairesChapitre 69 sur 201 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MARGUERITE, MAUGÊ.

MARGUERITE. — Quelle différence vous allez trouver dans la

maison, mon bon monsieur Al ai it^*'- ! comme on s'y amuse, à présent! C'est tous les jours dos parties, desfêtes, des promenades. Madame a bien toujours deses humeurs par-ci, par-là, mais bien moins. Quanta monsieur, il est ce qu'il a toujours été, ce qu'il sera toujours, la meilleure pâte des hommes.

MAI GÉ. — Oui, il parait que ces bons amis sont fort occupés de leurs plaisirs, qu'ils s'amusent beaucoup; car toutes les lettres que je leur ai adressées sont restées jusqu'à présent - réponse. En un j'ai pris le parti de venir voir par moimême si c'est qu'ils ont tout à fait rompu avec Paris.

Marguerite. — J'm'en vas vous dire, monsieur Maugé; vous sentez bien que toutes leurs connaissances n'ont guère le

ii mps d'écrire non pins; ils sont si occupés chez cnx! Ce n'est pas l'embarras, an dernier voyage que j'ai fait pour madame, j'ai encore été très-bien reçue, tout comme autrefois; mais, voyez-vous, monsieur Maugé, ce n'est plus guère leur genre, à monsieur et à madame ; s'ils voient en • core les personnes qu'étaient en rapport avec eux , c'est toujours à parler commerce, affaires, épiceries ; et vous sentez bien que l'épicerie c'est pas amusant d'en parler , quand on en a fait trente ans de sa vie.

MAUGÉ. — Cependant M. et madame Cibot ont de grandes obligations à l'épicerie.

marguerite. — Vous avez raison , monsieur Maugé ; mais moi , par exemple, je suis toujours la même, j'aime toujours à revoir nos anciennes connaissances de Paris.

maugé. — Vous êtes bien bonne; je vous en remercie, Marguerite.

marguerite. — Voulez-vous prendre quelque chose, en attendant le déjeuner? car monsieur et madame sont rentrés si tard, que vous ne les verrez pas de sitôt.

maugé. — Eh bien! volontiers. La moindre chose.

marguerite. ■ — C'est qu'il n'y a rien. Us n'ont pas dîné hier à la maison. C'est égal, je vas toujours voir. (Elle sort.)

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