I.'abiu;. — Assurément
.m. ni: vercltli.es. — Alors, l'abbé, rien ne doit vous retenir. Alles-VOUS-en. Ma fille, où est donc Marie?
ERNESTZMBi — tllc va revenir. J'avais oublié quelque chose dans la calèche.
M. de VERCEILLES, à Laurent. — Laurent!
Laurent. — Monsieur le comte.
M. DE VERCEILLES. — Vous allez dans l'intérieur; je vous répété encore de ne pas dire un mot; ne parlez pas même de la pluie ni du beau temps.
LRNLSTi.NE. — Quand nous serions des conspirateurs...
M. DE VERCEILLES. — Erneslinc, Ernest i ne, croyez que je n'ai pas entièrement perdu la tète.
ERNESTINE. — Je ne dis pas cela, mon père.
51. DE VERCEILLES. — Ce n'est pas la première fois que je nie trouve dans des temps comme ceux-ci. On n'a jamais trop de circonspection.
L'ABBÉ. — Il est certain que nous sommes sur un volcan...
M. DE VERCEILLES. — CCS jeunes tèles-là ne savent la conséquence de rien.
il cmmii i.Ti.rr.. — Monsieur, excusez ; c'est-il vous qu'est au coupé?
M. DE VERCEILLES. — Oui.
LE CONDUCTEUR. — Combien monsieur est-il?
M. DU VERCEILLES. — Les trois place».
le conducteur. — Alors, monsieur peut monter.
M. de yerceilles. — Il va nous falloir attendre Marie à cette heure.
ERNESTINE. — La voici, mon père.
M. DE yerceilles, à Marie. — Allons donc, mademoiselle ; allons donc. Adieu, l'abbé. Faites travailler mon petit Paul ; n'écoutez pas sa mère ; vous connaissez ma femme , elle a toujours peur que l'on ne fatigue son fils.
l'abbé. — L'enfant est délicat.
M. de yerceilles. — Je ne dis pas de le forcer ; mais il y a une mesure dans tout. Profitez aussi du temps que je n'y serai pas pour empêcher tout doucement le petit bonhomme du général de venir aussi souvent déranger vos leçons.
l'abbé. — Depuis huit jours il a des engelures aux pieds.
M. de verceilles. — Je ne le savais pas. Tant mieux. (// va four monter en voiture. ) L'abbé, encore un mot ; dé- ' fendez à Simon , en vous reconduisant , de mettre les chevaux au galop; il n'en fait jamais d'autre quand je ne suis pas là.
l'abbé. — Que monsieur le comte soit sans inquiétude , j'y veillerai. Bon voyage , mademoiselle Ernestinc.
ERNESTINE. — Et vous , monsieur Blondeau , soignez-vous bien. {M. Vabbé s'éloigne. M. de Verceilles, sa fille et Marie sont placés dans le coupé. )
ADRIEN , une pipe à la bouche. — Eh bien ! est-ce qu'on ne part pas aujourd'hui ? Est-ce qu'on attend un changement de ministère? {Au commissionnaire.) Thomassin, où as-tu mis mon porte-manteau?
LE commissionnaire. — Un porte-manteau et un carton à
chapeau ?
Adrien. — Précisément.
le commissionnaire. — J'viens d'monter tout ça. ADRIEN. — Très-bien. {Il chante.)
L'or est une chimère .
Sachons, sachons nous en servir.
le commissionnaire. — Il y a long-temps qu'on d'vous a vu
ptr ici, monsieur Adrien.
ADRIEN. — Oui, c'est vrai. {Il chante.)
J'ai long-temps parcouru le monde, Et l'on m'a vu soir et matin...
C'est Cherrier qui part aujourd'hui?
un commissionnaire. — Non , monsieur , il est sur Toulouse.
adrien. —Tiens, c'te farce... c'était un bou enfant... J'ai été bien des fois avec lui... un \rai chauffeur! C'est donc Fouinais alors ?
le commissionnaire. — Oui, monsieur.
ADRIEN. — Sais-tu si c'est qu'il a vendu son chien d'ehasse ?
LE commissionnaire. — Faut croire que oui... j'nc le vois plus avec.
ADRIEN. — Il l'aura vendu.
LE conducteur. — A cheval , à cheval!... (Apercevant Adrien.) Tiens, c'est vous, farceur, qui vous faites attendre comme ça.
adrien. — Bonjour, Fournais. Comment attendre ? J'étais là, tranquillement au café, avec Leclère et son épouse, à consommer un petit verre en attendant le son du galoubet. Il y a long-temps que nous avons été ensemble ; et votre chien?
LE conducteur. — Je n'iai plus... Bon! Tonnerre de Dieu! encore un voyageur; nous coucherons ici, c'est sûr. Al- I' is donc, monsieur, c'est ridicule aussi ça.