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Scènes villageoises de la forêt-Noire

Voici deux hommes de la Forêt -Noire, Hébel et Auerbach, dont on commence à parler dans le monde littéraire en France, sans les connaître autrement que par ouï-dire.

Ce sont pourtant les deux plus sympathiques représentants littéraires, en Allemagne, de cet art simple et villageois qui a inspiré à notre ami Courbet 1 Enterrement -, le Retour de la foire, les Casseurs de pierres, les Demoiselles du village; à vous, les Contes domestiques, et auquel je paierai pour mon compte, quand je serai enfin libre de travailler en paix quelque part, le tribut de quelques Idylles jurassiennes.

Hébel écrivait il y a 50 ans. Sa poésie patoise a dans l'original toute la fraîcheur joyeuse d'une marguerite des champs au soleil de mai.

Auerbach est de notre temps, et Ton sent passer dans ses livres le souffle discret de toutes nos inquiétudes modernes.

Hébel a pour confrères plus ou moins heureux dans la poésie populaire allemande : Usteri à Zurich, Kuhn à Berne, Griebel à Nuremberg", Kobbel en Bavière, Sailer et Weitzmann en Souabe, Seidl et Castelli en Autriche, etc.

A côté des Scènes villageoises d'Auerbach, rangeons également pour mémoire les Nouvelles Alsaciennes deWeill, dont une traduction française vient de paraître, les Nouvelles Juives de Kompert, les Nouvelles de la Forêt de Bohème de Rank, puis enfin les Nouvelles Bernoises de Jérémie Gotthelf et de Hartmann.

La France n'est pas en arrière non plus, depuis quelque temps, en fait de tentatives analogues plus ou moins réussies. L'âme se calme et se fortifie, à ce qu'il me semble, sur un terrain pareil ; est-il bien vrai qu'il ne s'en dégagera pas aussi pour nous, quelque jour, une esthétique un peu régénérée?

Berne, le 1er décembre 1852,

MAX. BUCHQN.

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