‹ Scènes villageoises de la forêt-NoireChapitre 13 sur 19 · LE CRI DU GUET · texte numérisé non relu

LE CRI DU GUET

(Traduit de Hebel.)

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Dix heures vont sonner à la Maison-de-ville. Faites votre prière et mettez-vous au lit; Jusqu'à demain matin que nul ne se réveille; Il est un œil là-haut qui toute la nuit veille, Et qui toujours au fond des consciences lit.

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville : Onze heures vont sonner à la iVlaison-de-ville. Le tapage nocturne à tout le monde nuit, C'est pourquoi je répète au menuisier qui tâche, Malgré l'heure qu'il est, de terminer sa tâche... — Vous finirez demain, couchez-vous, bonne nuit. -

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Douze heures vont sonner à la Maison-de-ville. Hélas ! s'il est encor une âme à quelque endroit, Une pauvre âme qui languisse et se désole, Qu'elle ait recours à Dieu, car toujours il console Tous ceux qui vont à lui le cœur flétri, mais droit.

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville : Une heure va sonner à la maison-de-ville. S'il est quelque brigand, par le diable incité,

Qui s'efforce d'ouvrir soit porte, soit fenêtre; (J'espère bien que non! mais cela pourrait être... } Qn'il se sauve, car Dieu voit dans l'obscurité.

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville : Deux heures vont sonner à la Maison-de-vilîe. S'il est un pauvre diable, hélas ! prêt à mourir, Et pour qui la mort soii comme une délivrance, Qu'il fasse encor de Dieu sa dernière espérance... Je le plains! car vraiment à quoi bon tant souffrir?

Écoutez bien ceci, braves gens de la ville : Trois heures vont sonner à la Maison-de-ville : Oh! pour le coup, voilà le jour à l'orient... Que l'ouvrier s'éveille et se mette à l'ouvrage... S'il est levé joyeux, qu'il prenne bon courage, Car son front restera tout le jour souriant.

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