SCÈNE II
Les Mêmes, KELEMET, fusillas Chefs ciacasmfns ».-f ( ,ur»ai i«*t agit à, cnuiiu ADDILA.
mnfCT.
Eh bien, Lazare? Voici le sommet de la montagne. Au-dessus de nous, les seules étoiles. Tout autour de nous, à cinq cents pas, les Russes.
LAZARE
Eh bien, Kelemet, qu'en concluez-vous T
mon.
Mais que nous avons A peine à nous cette étroite crêlc et celte courte nuit, et que si vous avez A faire savoir notre danger au chef invisible, il est temps, Lazare.
Le chef invisible, comme vous l'appelez , doit le savoir, Kelemet.
KELEMET.
Qu'il se montre donc alors et qu’il nous sauve l
LAZARE
Ce n'est pas lui qui a fait ce péril, et c’est lui qui jusqu'ici l'a paré.
KELEMET.
Aussi avons-nous obéi aveuglément aux ordres qu'il daignait nous transmettre par votre intcimédiaire. Mais si le dénudaient devait être notre massacre et la victoire des Russes, autant valait suivre un çuide qui ne fût pas « envoyé de Dieu. » Je ne parle pas de mon, qui suis pourtant le premier ouzden des Adighés. Mais il y avait llamsad...
Ot'ELQi’ES VOn.
Qui, oui, il y avait llamsad !
AUDI LA, lanlMM.
Non, mes amis, soyons justes ! Dès la première heure la lutte était désespérée. Pour moi, quand , échappé de ma prison de 'Hilis, grâce a la généreuse fiue du prince wassili, j'ai eu mis en sûreté ma mère, — c'est avec la certitude de mourir que je me suis jeté dans la montagne. Dès aujourd'hui, l’exemple de notre longue et prodigieuse résistance a soulevé toute la Circassie. Demain, chacun de nous aura fait payer A l’ennemi sa mort par dix morts peut-être. Je n'en demandais pas davantage à l'homme, quel qu’il soit, qui s'est fait notre chef et qui se dit * le OU du prophète.
KELEVET.
Le (ils du prophète! qu'est -ce qui le prouve? Connail-on fl mère seulement ? — Tu crois A ces njensonges, Addila?
ADDILA.
Je crois... je crois, que dan» la nuit et dans la danger, quelqu’un que j’ignore nous a partout guidés et toujours secouru*. Nous manquions d’armes et de vivres, quelqu’un nous en a fourni. Les Russes étaient dix contre un, quelqu'un a dirigé tous nos mouvements, égaré tous les leurs. la* ravin» cl les rochers ont semblé, à je ne sais quel ordre surnaturel, s’armer pour nous contre l’ennemi. Trente des nôtres avaient été fait* prisonniers et allaient être fusillé»; un anii inconnu lésa délivrés. Ce qu’il est? peu m'importe ! qu'il s'appelle Schamyl ou qu'il se nomme Eblis, qu'il soit le fils du prophète ou bien un imposteur, je veux, jusqu’à mon dernier souille, le servir et lui obéir comme A la force et A J'àme secrète de ma patrie.
LAZARE
Bien ! Addila ! Allez ! vos lionnes paroles auront leur récompense. Après tout, la nuit nous reste.