SCÈNE IX
FÉODOR, pai. SCHABACHKIN .1 SCHAMYL.
FÉODOR , wnl na moroml.
Pas un mot d’explication ! Il y a là dedans comme un parti pris jaloux! Ne jamais me laisser la moindre initiative! (n „ n c K „p.) Le jour où je quittai Péterebourg, je dis a mademoiselle Taglioni, avec ce pur accent parisien qu’elle aimait faut : Chère belle! vous entendrez parler de moi, ma parole d'honneur. — Mais le moyen de se distinguer avec ccs défiances! (z*i™ »*backbm. Il Qu’cst-ce que c'est?
SCU ARA CHAIN, n*»U»nt Sdumyl.
Circasncn.
* FÉODOR
Ah 1 ah! une capture! un de nos fuyards! Hd! ri je pouvais apprendre de lui?... Je vais l'interroper.— Avance! avance donc !
Kl pus une lumière pour que je puisse lire dans ses yeux ! Mais
o’est égal! avec moi toute feinte est inutile. —Qui es-tu? ton nom ? la demeure? te» moyens d'existence?
SCHAMYL, d’un Um farad».
Je suis de la montagne, je vis de la montagne!
FÉODOR
Tu es un de nos ennemi»?
Je suis l'ennemi de tous ceux qui viennent troubler mes rochers, ina forêt, mon désert!
féodor.
Hé ! à ce compte- là, tu haïrais les Circassiens autant que le-s dusses.
SCHAMTL.
Je vous hais tous tant que vous êtes, tous qui, avec votre n uit, effraye* mes oiseau* et qui. avec vos boulets, blesse* mes trbres. Comme si les hoiuitii.'S valaient iih-s grands chênes!
•. féodor.
OU! quçlk Urtlte! — Écoute, homme des bois..,
SCHAMYL, lai daiignst mn cigare.
D'abord, éteignez ce feu.
péodor.
Pourquoi? est-ce que tu as peur que mon cigare n'inccndie les cailloux?
SCiUMVI., iMf ladiltfrt**».
Ne l’éteignez pas !
féodor.
Écoute, te dis-je! Tu es notre prisonnier...
BOUMYL.
Après?
FÉODOR
Je puis te faire fusiller dans les cinq minutes.
Après?
rioDOR .
Cela ne m’avancerait pas beaucoup, je le sais. Mais eqfin. toi, tu serais probablement bien aise de racheter t.i ljl*e|‘te et ta vie? Ch bien, parole d’honneur! je le promets la vje et (a libellé si tu veux et si tu peux me donner quelque renseignement vrai et utile.
SCHAMTL.
Eh mais! je vous ai déjà conseillé d'éteindre ce feu.
féodor.
Il y tient ! Ce n'est pas de mon havane de Paris qu’il s’agit, entête ! Les Circassiens nous ont échappé tout à l’iieure. Peuxtu me dire par où?
SCHAMTL.
Oui. Derrière Çt*s broussailles. Regardez.
FÉODOR
O merveille! uue fissure dans le roc!.., Et où aboutit ce chemin?
SCHAMTL.
Att-dettOUS du défilé des portes Caspienne»; vous savez? le seul passage connu pour sortir du mopl lJarbéla CCWUJW pour y entrer. Deux énormes pans de granit et un grand bois, noir en plein soleil.
FÉODOR
Oui, c'est là qu'en venant nous avons perdu douie jouis et trois cents hommes et que le général a été blessé.
KCHANVL.
C’est là que les Circassiens vous attendent cette nuit pour vous achever.
FÉOPOR.
Hé! parbleu! qu’ils attendent! je garde mon poste. J'en réponds sur ma tête. Ici, je ne crains que le tonnerre... et encore!
SCllAMTL.
Le tonnerre ne vient pas toujours d’en haut!
fêooou.
Qu'est-ce qu’il dit? Il est bête! Voyons! ton renseignement m'est inutile, et je te garde prisonnier. Seulement, il me parait vrai, et je te fais grâce de la vie.
niait.
Vous me faite» grâce de la vie et vous me garde* prisonnier?
FÉODOR
Sans doute.
SCHAMTL,
Alors, vous vous trompez, vous ne me donnez pas la vie,
itOMA,
Comment?
• SCllAMTL,
Si vous ne me laissez pas m’éloigner d'ici, je mourrai — avec vous — mais je mourrai.
FfcODOH.
Ah çà! est-ce que omis sommes en danger ici? Parle, en ce cas, et, en nous sauvant, tu te sauves.
C’est juste ! (U Sort» «M> pian*. )
FÉODOR
Qu’est-ce que cela? queat-ce qu’il y a là-dedans?
SCHAMTL.
Regardez!
FÉOPOR, plonrctia \» »<>■> a»*» U iroa.
De la poudre 1 Pourquoi de la poudre?
scmamxl.
Vous ne devinez pas?
FÉOPOR.
Comment! je ne devine pas? Je devine! C’est Hne traînée qui cominmunique à quelque mine... La montagne est minée!
SCHAMTL.
Oui!
FÉOPOR, m lovml.
Saprclottc ! mais je fume sur un cratère, moi ! (U éirini m* ci|jr*.) Et tu ne pie le disais pas!
SCHAMTL.
Je vous l'ai dit deux fois.
FÉOPOR.
Ces cannibales-là veulent donc nous faire sauter?
Oui.
FÉOPOR.
Et quand cela? cette nui!?
cCHAMTL.
Oui.
41 FS O DO R.
Oui? Très-bien! je ne reste pas Ici! La plante des pieds iqe brûle sur ce sommet d’enfer! Nous allons redescendre à tout hasard. Tu nous suivras.
SCHAMTL.
Où? aux portes Caspienne*, dans le gros de l'embuscade?
FEOPOR.
Ah çà! mais nous sommes donc pris entre deux feux?
SCHAMTL.
Oui.
FÉODQR.
Miséricorde! la douce vie est un bien! Ah! une iddpî — C’ç$t ce chemin-là, dis-tu, qu’ont pris les montagnards?
SCgAMTL.
Oui.
FÉOPOR.
Je" prends le même! (ApptUtti.) Lieutenant ParamonofT! fn M paru bai. iir-,enaui.) Ils croient nous surprendre! c'est moi qui les surprends. Je tombe sur leur an ière-^anje. Feu de file sur toute In ligne! Et tandis que je les liens en quelle, le géhëral Wassiii, attiré par mn fusillade, fait face en tête, et nous les exterminons tous! C’est un coup de piaitre! Pas une minute à perdre! Je cours...
schaxvl.
Vous pc m'emmenez pas?
FÉOPOR.
Oh) pour le coup, tu as bien gagné ta liberté. Garde ta moq-
tflgne ! (Il «orl «a courant.)