‹ Schamyl drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 5 sur 84 · URINE · texte numérisé non relu

URINE

Mais, si fait, il importe. Excellence! Mon fils Kourrnglou Court toujours, le vagabond! on ne sait où, avec ses chanteurs et joueurs de gouzlo, par les champ* ou dans la montagne; ri bien qu'il ne reste plus au château que des femmes. El voilà qu’hier, par la brèche du mur, un tiirre, poussé jusqu’ici pur quelque grande chasse de la Perse, était entré dans h* vieux parc. Ma petite Maryoula jouait sur la pelouse. Moi, je n'ai su que m’évanouir. Et sam Nadèje, qui s'est élancée et m’a rapporté mon enfant. ..

NADEJE.

Lidine!

WASSILI

Ma Nadèje! — - Mais, Lidine, ce Français, ce Lazare dont Schamyl n fait depuis six mois son inséparable Compagnon, est-oc qu il est absent, lui aussi’

UDINB.

Il va et vient, A l'instant même je l'apercevais d'ici . il entrait dans un taillis du parc avec deux épées sous le bras.

WASSILI

Eh bien, Lidine, faites-le avertir, i« vous prie, que je désire lui parler. fLidin* «m.) 11 faut absolument qu'avant de partir j'aie revu Schamyl.

NADÈJE

Soyez tranquille, mon père! Schamyl, selon sa coutume, se sera oublié dans quelque orgie, voilà tout.

WASSTU.

Tu es bien sévère pour ton ami d'enfance, Nadèje!

NADÈJE

Vous êtes sf indulgent pour votre pupille, mon père !

wassili. *

Une veux-tu? sot» unique pa-ont. Ilarmad, un des chefs cif-

SCHAMYL

cassions, en nie le en fi «il ^ tors de b trêve, lui a reconnu d’assez grandes richesses. Schamyl est de race orientale, il aime la vie de loisir, de plaisir et de luxe, et, malgré inui, ce beau et doux jeune homme, je l'ai un peu gâté, eu effet.

NADÉJ8.

Gâté est le mot.

WAjWU.

Est-ce que tu serais jalouse de Schamyl, Nadèje? tkwêm

Jalouse!-. je ne sais; cela est possible, mon père.

WASSILI, mariant.

Voyons, je le promets, ma sainte, de le morigéner Irès-ruckv ment... dés que nous l’aurons retrouvé; mais retrouvons-le

d abord. (itUn parait m lb«4, nohllt et ma ta» IM par AMIS.) Tiens,

voici deux de ses compatriotes que j'ai rencontrés aux portes de la ville, et qui venaient de la montagne exprès pour lui parler.

NS»* JC.

Oh ! quelle est donc celte femme, mon père ? Il y a je ne sais quoi dan* son air qui frappe de respect.

WASSILI

N'esUce pas? c’est aussi ce que j’ai ressenti en la voyant, SCÈNE IV.

WASSILI, NADEJE, ESKAM. AOUILA.

WASSILI, » EUjm.

Je n'ai au le temps d'échanger avec vous que peu de mots ; puis-je maintenant vous demander votre nom et le nom de ce jeune homme ?

ESKAM.

Je m'appelle Eskam . il s’appelle Addila ; je suis la femme d'Ilamsad, il est mon fils.

WASSILI

l-i femme et le fils d’Ilamsad ! Soyez le* bienvenus dans ma maison! Ma fille, fois accueil à ce» hôtes. le sais qu'Hamsad, quoi qu’il arrive, est toujours resté, et restera toujours, parmi les Circassicns, l’ami des Russes. Vous venex de sa part, sans doute, aûn de convenir?...

AODILA, l'iaUKTvmpaal «iiUMl.

Général! nous sommes ici, ma mère et moi, à l'insu d’Hauisad, contre son gré pèut-éiré, et uous ne voulons être les amis des Russes que si les Russes demeurent les ami* des Circassiens.

WA -MU, a pjrl.

Ab ! prenons garde ! (mm.) Oui , ie me souviens à présent ; vos tribus révèrent, sous le nom d*E*katn, une sorte de prêtresse, de prophétesse...

ESKAM.

Ces titres ne me conviennent point, David Wassili. Vous avez seulement entendu dire qu’au milieu de nos roches, de nos forêts et de nos ravina, il existe un trésor, un tabernacle, un reliquaire, archive» saintes de notre race ancienne. Là sc conservent, parmi l'or et les pierreries, la coupe du prophète Elie, le marteau des portes de fer de Doulkameîn,— que vous nommez Alexandre le Grand,— l’épée d’Attila, dont s‘.<rmc t 8U jour de son élection, l’iman choisi par les hommes, le prophète choisi par Allah. C'est là le sanctuaire du Caucase, le cocarde la montagne, i’àme de la contrée. De temps immémorial, la garde en fut confiée à ceux d'entre nous oui descendent d’Attila, roi des Hnns, marteau de Dieu. J étais la dernière de cette famille, je suis la gardienne de cet autel , rien de plus.

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