W1NU
Oui, ces légendes. Je le sais, courent vos peuplades avec des prédictions pins ou moins vagues, plus ou moins faites pour tenter quelque ambitieux ou quelque tou.
ESKAM.
Il serait fou, en réalité, l’ambitieux que les prédictions dont vous parlez tenteraient. Les connaissez-vous, David Wassili ? Savet-vous de quel prix terrible le libérateur qu'elles nous annoncent achèterait sa grandeur et notre salut? Savez-vous qu'il devrait passer et souffrir seul et sans amour en ce monde? Sarez-vous que ces prédictions, — que ces malédictions lui disent :
• Règne ( par toi ton poupin, à soldat do Dieu mémo,
» Vivra libre do joug et vaincra pur d'affront.
• Mais, sauveur, tu perdras tous cous qu* ton cœur aime,
• Tous cous dont te cœur t'aime, ô prophète, mourront! «
1*\d£jk, ri*»*».
Oh ! oui, c’est là une menace qui épouvante!
WASSILI
Eh ! non, c’est là nne chimère qui éblouit ! Et aile aveugle ces peuples crédules, et elle égare ce faux messie, et elle me con- 1 1 vint , moi, à la guerre !
ADDILA.
A la guerre ! c’est donc vrai ! on ne vous calomniait donc
r is, prince! vous allez donc attaquer les n être s. sans même ur dénoncer la; trêve !
WASUU.
Je pars dans deux heures; je ne prends pas la peine d’être civilisé avec des barbares.
NADÉJE
Oh! mou père ! vous ne ferez pas cela !
WASSILI
Est-ce que je ne vous ai pas dit tout à l'heure, ma fille, que cette expédition était sans danger ?
NAOEJE.
Ah! elle n'est pas sans danger du moment qu'elle est sans justice !
WASSILI, »|m« lia iiHMitnaral da colrrr,
Enfant ! Mon humble Nadèie sc souvient parfois qu'elle descend par sa mère des rois indépendants de la Géorgie] Mais tu n'entends rien aux sérieux intérêts des nations, jeune cœur!
ESKAM.
David Wassili, ce n'est cependant pas voire fille qui se trompe ici. Ecoutez; je ne veux pas certes vous implorer, mais ie peux vous avertir. Croyez-moi! laissez en paix ce* CircassTem. ce petit peuple brave et calme, généreux et fier, cette race a la foi» jeune et vieille. Ils ne vous ont rien fait, ils ne vous gênent pas, ils ne vous provoquent pas. Croyez-moi, respecte* la trêve! Ne troublez pas l’aigle el le lion dan# leur montagne et dans leur liberté.
WASSILI
Je vous remercie du conseil ; mais je passerai outre.