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PHÉFACE
ble reflet , l’espace et le temps, et dans les lois matlié- * . v <• matiques qui mesurent l’étendue et la durée.
V :>'■/» J L’espace, en effet, est une existence dont on peut dire qu’elle est à la fois abstraite et concrète , idéale et réelle, infinie et finie, indivisible cl divisible. Invariable, fixe, immobile, on ne peut mieux le désigner et le définir qu’en disant qu’il est; l’être épuise son idée. C’est donc l’absolu dans le monde matériel cl visible.
Dans le monde idéal ou de l’histoire , où les événements se succèdent sans laisser aucune trace, où tout nous offre une instabilité perpétuelle, rien n'est à proprement parler, tout se succède et se développe. Qu’elle est donc l’idée qui répond à celle du temps? celle de l’activité continue. Le temps c’est donc l'activité pure, comme l’espace immobile est l’être pur. Aucun être comme tel n’est dans le temps , mais seulement les modifications de l’être , les changements qui apparaissent comme des manifestations de son activité, mais n’épuisent jamais le fond permanent de sa substance. Aussi dans le temps, tel que les sens et l’imagination le conçoivent, la cause, il est vrai, précède l’effet, le possible le réel, mais, aux yeux de la raison , les deux termes encore se confondent et s’identifient.
De cette manière de concevoir l’espace et le temps, Schelling tire cette conséquence relativement aux mathématiques :
Si dans la pure intuition de l’espace et du temps
DU TRADUCTEUR. LXXXI
est donnée celle de l'identité de l'idéal et du réel ou de l’absolu , la science des grandeurs dont ils sont le principe, quoique s’appliquant au monde sensible qui réfléchit l’existence absolue, est absolue dans sa forme.
La connaissance mathématique , en effet, n’a pour > objet ni l’abstrait pur, ni le simple concret, mais l’abs- ’ f trait dans le concret. Aussi , la construction mathé- j malique ou la démonstration consiste à exposer le général et le particulier comme identiques. Cette identité se révèle de deux manières : 1° Toutes les constructions géométriques ont pour essence la même forme absolue, et toutes découlent au fond de la même idée; 2° Chaque figure particulière, triangle, carré, cercle, etc., étant identique à tous les triangles, carrés de même espèce, est donc à la fois particulière et générale, unité et universalité. Ici l’essence et la forme se confondent. 11 y a même équation parfaite entre la pensée et son objet: le sujet et l’objet de la connaissance sont identiques.
Ainsi, dans les mathématiques, l'opposition qui réside, dans le savoir ordinaire, entre le réel et l’idéal, le particulier et le général , est complètement effacée.
La pensée est adéquate à l’être, l’idée à son objet; l’évidence mathématique repose sur cette unité. Or, la conception de celte identité est une opération supérieure de la pensée , une haute intuition : c’est l’in- \ tuition intellectuelle. ( Voy. l’extrait, p. 320. )
Delà Schelling déduit l’importance et la dignité des