‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 59 sur 89 · DES MYSTÈRES DE U ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

DES MYSTÈRES DE U ANTIQUITÉ

ganismc de la religion publique, on aurait, depuis longtemps , compris comment le |>aganisme et le christianisme se rapprochaient; on aurait vu que le second ne s’est détaché du premier que parce qu’il rendait les mystères publics, vérité qui peut se démontrer historiquement , par la plupart des usages du christianisme , par ses actes symboliques, ses degrés cl ses initiations ; imitation manifeste de ceux qui étaient en vigueur dans les mystères.

Gomme il est contraire à la nature d’une religion spirituelle de se mêler au réel et au sensible, et qu’elle ne peut le faire sans se profaner, ses efforts pour se se donner une vraie publicité et une objectivité mythologique sont infructueux.

Une véritable mythologie est une symbolique des idées , et celle-ci n’est possible que par les formes de la nature ; c’est une parfaite incarnation de l’infini dans le fini. Or, c’est ce qui ne peut avoir lieu dans une religion qui se rapporte immédiatement à l’infini, cl ne peut concevoir une manifestation du principe divin dans la nature que comme destruction de ses lois. Telle est l’idée du miracle. Le miraculeux est le côté exotérique d’une telle religion. Ses formes sçnt historiques ; ce ne sont ni des êtres de la nature, des individus, ni même des espèces; cesont des manifestations passagères, non des natures impérissables et qui durent éternellement.

Si donc vous cherchez une mythologie universelle , rendez-vous maître du côté symbolique de la nature;

RELIGION

laisse/, les dieux prendre possession d’elle et la remplir. Au contraire , le monde de la religion , qui est un inonde spirituel , reste libre et entièrement séparé de l’apparence sensible ; ou, tout au plus, n’est-il célébré que par des chants sacrés et enthousiastes , et par une espèce de poésie également mystérieuse , comme l’était la poésie sacrée et religieuse des anciens, dont la poésie moderne, à son tour, n’est que la manifestation exotérique, et par conséquent imparfaite.

Nous nous contenterons d’indiquer, dans la doctrine et l’institution des mystères , ce qui , sur ce point , peut se dégager des récits des anciens de plus conforme aux idées de la raison.

La religion ésotérique est nécessairement monothéisme, comme la religion exotérique se résout nécessairement , sous quelque forme, en polythéisme. C’est seulement avec l’idée de l’Un simple et de l’idéal absolu que toutes les autres idées sont posées. De lui seul dérive , quoiqu’immédiatement , la doctrine d’un état absolu des âmes dans les idées et de la première unité avec Dieu , où elles participent de la contemplation du vrai , du beau et du bien en soi ; doctrine qui peut aussi être représentée d’une manière sensible comme une préexistence des âmes dans le temps. A cette connaissance se rattache immédiatement celle s de la perte de cet état, par conséquent de la chute des idées et de ce qui en est la conséquence , l’exil des aines dans les corps et dans le monde sensible. D’après les différentes conceptions qui , sur ce sujet.

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