‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 67 sur 89 · PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE

tement aucun argument en faveur de la perfectibilité infinie de l’espèce humaine, puisque ceux qui la nient pourraient soutenir, avec autant de raison , que l’homme n’a pas plus d’histoire que la bête , et qu’il est éternellement dans le même cercle d’actions, où il se meutsans cesse comme Ixion au tour de sa roue, en des oscillations continuelles, se trouvant toujours ramené par des déviations apparentes de la ligne droite , au point d’où il était parti. On doit d’autant moins s'attendre sur cette question à un résultat raisonnable, que ceux qui se laissent entraîner pour ou contre , sont dans la plus grande erreur sur la nature du progrès. Les uns ne considèrent que l’avancement moral de l’humanité, dont nous désirerions bien posséder la mesure ; les autres , son avancement dans les arts et les sciences , qui , au point de vue historique (pratique), suivent plutôt une marche rétrograde ou anti-historique, à l’égard de laquelle nous pouvons nous en référer à l’exemple des nations classiques , les Grecs et les Romains. Si l'unique objet de l’histoire est la réalisation successive de la constitution de droit, il ne nous reste , comme mesure de l’avancement de l’esprit humain , que l’approximation successive de ce but, dont l’accomplissement définitif ne saurait être prouvé, ni par l’expérience, telle qu’elle s’est développée jusqu’à présent , ni théoriquement, à priori , et ne sera jamais qu’un article de foi éternel de l’homme, dans le monde de l’action.

HISTOIRE

Passons maintenant au caractère principal de l’histoire, de présenter l'union de la liberté et de la nécessité , cl de n’ètre possible que par cette union.

Mais cette union de la liberté et de la soumission à des lois nécessaires , est dans l'action que nous avons déjà déduite comme nécessaire; d’un autre cété, par rapport seulement à la notion de l’histoire.

La constitution générale de droit est la condition de la liberté, parce que, sans elle, il n’y a pour la liberté aucune garantie. En effet , la liberté qui n’est pas garantie par un ordre général , naturel , n’a qu’une existence précaire , et n’est, comme dans la plupart des Etats actuels, qu’une plante parasite, tolérée par une inconséquence nécessaire; de sorte qu’avec elle l’individu n’est jamais sûr de sa liberté. Il ne doit pas en être ainsi. La liberté ne doit pas être une faveur dont on jouisse comme d’un bien défendu. La liberté doit être garantie par un ordre aussi manifeste et aussi immuable que celui de la nature.

Mais cet ordre ne peut être réalisé que par la liberté ; sa constitution est laissée à la discrétion de la liberté. C’est une contradiction. Ce qui est la première condition de la liberté extérieure est, à cause de cela, aussi nécessaire que la liberté elle-même. Mais celte condition ne peut être réalisée que par la liberté , c’està-dire qu’elle est livrée au hasard. Comment celte contradiction peut-elle être conciliée? Elle ne peut être conciliée que par l’existence d’une nécessité dans la liberté. Mais comment concevoir une semblable

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