‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 66 sur 89 · PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE

paux événcmenls , auxquels on ne peut reconnaître ce litre que parce que leur influence s’est étendue jusqu’à l'époque actuelle, et jusqu’à chaque individualité ; nous répondrons, d’abord, qu’il n’y a histoire que pour ceux sur lesquels le passé a influé ; secondement , que ce qui a été dans l'histoire est lié réellement à la conscience individuelle de chacun , seulement , non pas immédiatement , mais bien par un nombre infini de termes intermédiaires ; de telle sorte, que si l’on pouvait montrer ces membres intermédiaires , il serait évident que, pour composer cette conscience , le passé tout entier était nécessaire. Mais il est certain que, de même que la plupart des hommes, à chaque époque; de même aussi une multitude d’événements n’a jamais eu d’existence dans le monde qui est du domaine de l’histoire ; car il ne suflil pas, pour laisser un Souvenir dans l’histoire , de s’éterniser comme cause physique, uniquement par des effets physiques. On ne peut pas davantage acquérir une existence dans l’histoire, parce qu’on est simplement, ou produit intellectuel, ou simplement un intermédiaire, par lequel , comme par un milieu, la civilisation acquise par le passé est transmise à la postérité, si l’on est pas soi-méme cause d’un nouvel avenir. Donc, il n’y a rien de posé dans la conscience de chaque individu , qu’en raison de ce qui a été fait jusqu’alors. C’est le seul sens qui soit attaché à l’idée de l’histoire.

Quant à ce qui concerne la nécessité transcendai) -

HISTOIRE

talc de l’histoire , elle est déduite, dans ce qui précède, de ce que la constitution universelle de droit est donnée aux êtres rationnels , comme un problème qui ne peut être réalisé que par toute l’espèce; c’est-àdire, seulement par l'histoire. 11 ne nous suffit donc pas de tirer seulement ici cette conclusion : Que le seul et véritable objet de l’histoire ne peut être que la production successive de la constitution cosmopolite ; car c’est celte constitution qui est l’unique principe de l’histoire. Toute l’histoire, qui n’est pas universelle, ne peut être qu’une histoire de faits ; c’est-à-dire dirigée suivant l’idée qu’en avaient déjà les anciens , dans un but empirique déterminé. Une histoire universelle des faits présente une idée qui se contredit en elle-même. Tout ce qui est admis, au surplus, dans l’histoire, le développement des arts, des sciences, etc., n’appartiei t pas , proprement , à l’histoire ***’ «£ oyj», ou n’y sert que comme intermédiaire. Les découvertes dans les arts et dans les sciences, en agrandissant, en multipliant les moyens de se nuire réciproquement , et en introduisant une foule de maux auparavant inconnus , servent à accélérer la marche de l’humanité vers l’accomplissement d’une constitution de droit universelle.

Il a été longuement démontré, dans ce qui précède, que la notion de l’histoire implique celle d’une progressivité infinie Mais on ne peut en tirer immédia-

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