‹ SchellingChapitre 110 sur 195 · JUGEMENT SUR LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

JUGEMENT SUR LE CHRISTIANISME

dienne? Surla première question, Schelling voyait le christianisme à travers saint Paul et en faisait, avec presque tous ses contemporains, une œuvre spéculative !. Mais sur la seconde question, encore aujourd’hui si brûlante, Schelling est d’un avis diamétralement opposé à celui de ses plus notables contemporains, à celui d’un Schleiermacher par exemple?. Dans la Werhnachtsfeier, le christianisme apparaissait comme un idéal à restaurer, réservé d’abord à quelques personnes cultivées, les plus capables de méditations personnelles : cet idéal est le salut, la réconciliation de l’homme avec Dieu, qui ne peut avoir lieu que par l’Église, expression future de l'unité du genre humain. Le christianisme renferme donc à la fois un idéal et un programme d'action. C’est là, pour Schelling, un tissu d'erreurs? : le christianisme n’est pas un idéal mort à restaurer, mais une réalité historique bien vivante, dont il faut partir; et ce n’est pas un fait exceptionnel, particulier à quelques caractères délicats, mais un fait universel et humain. Aussi la vie chrétienne ne consiste pas dans la méditation pure, mais dans l’action par où se réalise l'union avec Dieu : le salut n’est pas un problème à résoudre, mais un problème résolu par la mort du Christ, un fait passé.

L'Église n’est pas davantage l'idéal définitif où doit se consommer le christianisme, mais le point de départ d’un développement ultérieur. \

On le voit, Schelling parle en réaliste et presque en historien ; le dégoût d’un idéal fait des réminiscences du passé, autant que le sentiment pour ainsi dire expérimental de la lacune impossible à combler qu’il y aurait entre le réel et l'idéal, le fini et l'infini, s'ils étaient séparés,

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