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Ab AT 4 LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE. GE A TS fo

physiciens anglais et français pour savoir que ni la philo-

sophie françaisene se réduit à l idéologie, ni la physique à un empirisme aveugle etsans théorie. Ilrend plusieurs fois hommage à l'esprit scientifique des Français. Ils’est aperçu que ce qu'il prenait pour la négation de toute philosophie chez les autres peuples n’est que le rejet de la méthode philosophique allemande. L’espritallemand n’est plus l’esprit philosophique par excellence dont le langage même renferme une métaphysique latente : il en est un des côtés. La philosophie allemande veut être purement rationnelle, et les autres philosophies purement expérimentales. Or une philosophie purement rationnelle ne peut poser que des êtres eux-mêmes rationnels (comme le Dieu de Kant, qui, objet d’une idée de la raison, n’est que l’être total); un être concret et personnel ne peut être donné que dans l’expérience. L’empirisme français a seulement le tort derétrécirl’expérience ; il n'y admet rien en dehors de l’objet sensible, ou de l’idée qui la copie. Mais Le suprasensible n’est pas au-dessus de l'expérience.

Malgré sa conviction de la valeur mondiale de la philosophie allemande, ilne semble pas que Schelling ait cru qu’elle pourrait être chez elle en d’autres pays : la correspondance avec Cousin est, à ce point de vue, fort instruc-

tive. Il juge d’abord les conditions politiques de la France

trop différentes de celles de l’Allemagne : la liberté scientifique n’existe pas en France. « Chez nous, écrit-il, aucun professeur donnant un cours de droit politique n'aurait à craindre l'autorité à moins qu'il ne se départit de la ligne droite de la science. En forme de doctrine, tout est accueilli chez nous. » Au reste, il ne lui conseille pas d’en-

seigner sa philosophie; il lui conseille même tout le.

contraire; l’esprit français n’est pas capable de la rece-

1. Zur Gesch. d. n. Philos., I, x, p. 193 sq. Aussi bien la tâche des Allemands, écrit-il à Victor Cousin, le 16 avril 1826 (Aus Sch. Leb., IT, 18), n’est pas de faire revenir de l’empirisme, mais de pousser le système universel jusqu’au point où il doit se confondre avec cet empirisme reconnu à si juste titre.

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