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LE DEVENIR

$ III. — La critique de Hegel!.

On sait les destinées brillantes de la philosophie de Hegel, depuis qu'il s'était ouvertement déclaré contre Schelling dans la préface à la Phénoménologie. L'étude de la critique du hégélianisme dont les premières traces se trouvent seulement dans les cours d’Erlangen, et qui ne fut connue du grand public que par quelques pages des remarques sur une préface de Cousin, nous permettront de préciser son point de vue et d'expliquer le passage au développement final de sa philosophie.

Dans la perspective éloignée d’où on les juge en général, les traits communs apparaissent si nombreux qu'ils nous dissimulent des divergences profondes. Mais il faut bien remarquer que le caractère génétique de leur méthode philosophique, la construction des concepts toujours plus concrets par un retour de l'être sur lui-même succédant à une sorte de dispersion (thèse, antithèse, et synthèse), sont comme les formules courantes de l’époque, et, comme l’aspect allemand, l’aspect idéaliste de la notion si répandue de progrès. La divergence ne commence véritablement que si l’on demande d’abord quelle est la matière ou le principe, et ensuite quel est le moteur de ce processus.

Sur la première question, deux voies sont ouvertes : ou bien le devenir se fait par un enrichissement progressif, par une espèce d’épigénèse métaphysique; il a donc son point de départ dans ce qu’il y a de plus abstrait. Ou bien le devenir est comparable aux oscillations de la corde bandée d’un arc qui revient peu à peu à sa po-

1. Sur ce point cf. l'excellent opuscule de Delbos, De posteriore Schellingii philosophia quatenus hegelianae doctrinae adversatur, Paris, Alcan, 1902. Les premières attaques contre Hegel se trouvent dans un manuscrit de l'époque d'Erlangen, I, x, 161, puis dans la première lecon de Munich (1, 1x, p. 357-366). Pour les détails historiques cf. Delbos, p. 31-37.

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