LA DYNAMIQUE
mêmes forces synthétiques que nous avons vu construire la matière. C'est la nature agissant à la seconde puissance, c’est-à-dire opérant sur les produits comme elle opérait sur les facteurs. En particulier au troisième moment du processus dynamique, à la pesanteur, correspond, à la seconde puissance, la réaction chimique qui consiste à construire un produit commun non plus avec deux facteurs, mais avec deux produits opposés !.
Enfin Schelling pense résoudre une question qui, jusqu'ici, lui avait paru insoluble, celle de la construction des qualités, les qualités n'étant dans la matière que le résultat de l’action des forces primitives ; la cohésion, couleurs et autres qualités sensibles, les états solide et fluide dépendent respectivement du magnétisme, de l'électricité et de la force chimique ?.
Ainsi la philosophie de la nature s’affirme de plus en plus indépendante; cette direction atteint son sommet dans cette construction de la matière et de ses qualités.
Ce qui frappa en effet particulièrement les contemporains, et ce qu'ils admirèrent le plus, ce fut l’unité de cette philosophie de la nature. La question qui préoccupe l'historien, les rapports de cette philosophie naturelle avec la philosophie générale, disparaissait, pour les admirateurs de Schelling, devant le caractère intrinsèquement complet de sa doctrine de la nature. « Pour la première fois, l’ensemble de la physique y fut considéré d’un seul regard, et surtout cette science y fut délivrée de cette erreur héréditaire : l'organisme ne se laisse ni dominer ni expliquer par les lois propres immanentes de la théorie de la nature 5. » Et le sentiment général était celui qu’exprimait poétiquement Platen s'adressant à Schelling :
Wenn wir zerstückelt nur die Welt empfangen, Siehst du sie ganz, wie von der Berge Spitzte;
2 Pr 01.