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Briefwechsel, lettre du 3 oct. 1801, p

fichtéisme est donc nécessairement entaché de subjectivisme !.

fl se donna aussi pour mission de défendre Schelling contre une interprétation lourdement erronée de Rheïnhold? : Rheinhold ne voyait dans l’opposition des deux philosophes qu’une tentative, chez Fichte, d'expliquer l’objet par le sujet, et, chez Schelling, le sujet par l’objet. C'était méconnaitre singulièrement à quel point l’un et l’autre restaient attachés au grand axiome criticiste : pas de sujet sans objet, pas d'objet sans sujet. En réalité le moi de Fichte, comme la nature de Schelling, étaient des sujets-objets, tous deux images du sujet-objet absolu.

C'était dans l’expression utilisée par Schelling dans la préface à la Darstellung : Alles — Ich, interpréter le symbole de l'identité en un sens purement formel, comme une réduction analytique. Or, dans la réelle identité, la réduction n’a pas lieu plutôt du côté du sujet que du prédicat; c’est donc l'unité des deux qui est posée d’abord 3.

Au reste, dès cet écrit, si Hegel défend ardemment Schelling, ce qu'il veut voir chez lui c’est moins une garantie d'existence pour la Naturphilosophie qu'une méthode nouvelle, celle qui repose véritablement sur l’intuition, celle qui surmonte les oppositions, comme celle du sujet et de l’objet, non plus en les limitant les unes par les autres et en les totalisant, mais en les unissant dans un principe supérieur.

$ IV. — La philosophie de la nature.

La philosophie de la nature reste dominante pendant

11220293 2. P. 273. Pour la polémique avec Reinhold, article de Schelling über das absolute Identitätssystem und sein Verhäliniss zu der neuesten (Rheinholdischen) Vernunft,1, v, 18.

8. Cf. l’exposition très claire de la pensée de Schelling, P. 250-256; 256-

cette période. Nous en avons indiqué les cadres. Les diverses expositions sont d'accord dans les lignes générales ; il y a cependant un assez grand nombre d'incertitudes de détail, même sur des questions importantes.

D'abord on peut distinguer assez aisément deux problèmes : une espèce de cosmogonie, la construction du corps céleste (Weltkürper), des lois qui président à ses mouvements (les lois de Kepler) et de la série des corps qui viennent de lui. Puis la construction des forces universelles, la pesanteur, la lumière, l'organisme et toutes celles qui en sont dérivées.

Quel est le rapport qu'il y a entre la cosmogonie, et la physique proprement dite? Rien n’est moins net.

Dans la première Darstellung, \a cosmogonie ne joue qu’un faible rôle. Elle intervient dans le courant de l'exposition! comme une application à un cas particulier de la loi générale d’individuation : L'univers, comme toute unité corporelle, affirme son individualité par la cohésion, et la connaissance des lois de La cohésion permet de trouver ses lois.

Dans le Bruno, sous l'influence du platonisme, la question devient celle de l’incarnation de l’Idée, de l’imitation de l’Idée dans l'être; il s’agit de ranger ces imitations par ordre de ressemblance. Le plus semblable c'est le Weltkôrper, qui, comme l’Idée, se suffit à lui-même, est doué d’une durée qui lui est propre, et contient les germes et les raisons de tout le développement chimique et biologique de ses parties*. Dans les Fernere Darstellungen et les Zusätze, la théorie de la structure du monde est le couronnement de la première partie de la physique, celle qui traite de la matière et de la pesanteur. Pourquoi la matière se construit-elle en univers? La raison en est dans la loi d'identité (dont la formule subjective est que l'intuition doit être satisfaite). La matière est une unité synthétique de termes opposés : cette totalité n’a pas de

raison, si elle n’est composée en un système qui fait son unité; le système du monde est donc l'identité absolue transparaissant dans la matière!. Enfin dans le système de Würzburg, cette théorie est le couronnement de la physique toute entière ?.

Il y a entre la cosmogonie et la physique une dualité frappante. Comment l’interpréter ? I1 nous semble qu'il y a là non pas deux parties complémentaires, mais bien plutôt deux directions opposées dans la philosophie de La nature.

La première, négligée dans l'Exposition, prend au contraire la première place dans le Bruno avec la théorie des Idées; elle doit être considérée comme une survivance de l’ancien système de l'Esquisse, dont l’intuition fondamentale est la vision de l'univers comme organisme. Elle va du tout aux parties, et du modèle à son imitation la plus parfaite, ici de l’Idée, pleine et complète en elle-même, au monde des astres qui dans la nature sont des êtres indépendants ayant en eux-mêmes le principe de leurs mouvements. Nous appelons cette direction la direction intuitive parce qu’elle satisfait avant tout au besoin de la vision totale et simultanée de l'univers.

La seconde direction devient dominante à partir de 1800 dans la Déduction Universelle; elle conduit la pensée du simple au complexe, des forces élémentaires de la cohésion aux forces compliquées de l’organisme. Puisque le système n’est complet, dans ce cas, que par l’épuisement de la série des formes, qu’il n’est donc pas susceptible d’une intuition simultanée, nous appellerons cette direction, la direction rationnelles.

Le système de l'identité devait être un équilibre entre

HAL iv 431; TL 11 174-177.

Del, iVI, 471.

3! Nous croyons cette opposition plus juste historiquement que celle que Hartmann établit entre la nature-représentation au sens idéaliste qui est

la no et la nature au sens réaliste qui est la seconde (Schelling, p. 140 sq.).

le rationalisme abstrait et l'intuition; mais nous avons déjà vu que le Bruno venait du besoin de l'intuition concrète ; et la philosophie de la nature nous montre ici l'impossibilité d’une fusion. L'univers de la cosmogonie contient à l’état chaotique toutes les forces et tous les êtres qui s'y développeront plus tard!. La physique aurait pu consister et aurait été complète, si elle avait consisté dans le débrouillement progressif de ce chaos?. En réalité Schelling n’a pas suivi cette voie, et ce n’est pas par différenciation ou division, c’est par composition qu’il a préféré déterminer les formes de l’Identité absolue.

La cosmogonie n’est donc guère allée au delà de la déduction des lois de Képler qu'il considère comme reflétant, dans la nature, « le type complet de la Raïson et de la vie des Idées° ».

C’est sans tenir compte de cette cosmogonie que nous exposerons le système de la physique de l’Identité.

Le seul moyen de donner une consistance à cette exposition est d’y faire bien voir que toute la pensée est menée par les exigences de l’intuition, ce qui est souvent quelque peu masqué par l’abstraction des termes, et la forme artificiellement démonstrative dont use l’auteur.

La nature exprime la tendance de l'intuition fondamentale à se perdre dans l’objet. Elle est idéale non moins que réelle, mais l'idéal lui-même s’y fixe en objet. Infléchissons l’intuition dans cette direction. Puis oublions pour un moment l'identité absolue. Alors nous verrons, dans cette intuition identique où subjectivité et objectivité coïncident toujours, mais où toutes deux affectent la forme de l’objet, l’objectivité tendre à s'épanouir à l’infini dans l’espace ; elle ne laisse pour ainsi dire aucun germe

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