‹ SchillerChapitre 19 sur 19 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

plus en plus grande. Ce ne sont pas seulement les yeux, c'est aussi l'oreille du spectateur qu'il veut occuper en même temps que son esprit : il fait de plus en plus souvent appel à la musique et introduit dans quelques-unes de ses pièces des manières d'intermèdes lyriques. On a pu dire avec quelque vraisemblance qu'il avait entrevu et même annoncé le drame «total » qu'un demi-siècle plus tard Richard Wagner devait tenter de réaliser.

Il n'a pas toujours rencontré un assentiment unanime. De son vivant il s'était vu en butte aux attaques et aux railleries de jeunes écrivains romantiques, qui blâmaient ce qu'il y a parfois de tendu dans son idéalisme et d'étudié dans son style. Au cours du dix-neuvième siècle des voix discordantes ont parfois rompu le grand concert de louanges admiratives dont la plupart des Allemands entouraient sa mémoire. Mais ce que personne n'a jamais contesté, c'est sa rayonnante sincérité, la grandeur et l'élévation de son âme. Il avait de la mission qu'il s'était lui-même assignée une conception qu'on peut dire religieuse. Son génie et sa force créatrice avaient des limites, sans doute; mais sa foi dans la vertu ennoblissante de l'art n'en avait pas.

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