VIII AVANT-PROPOS
sont excellents ; les « Schopenhauer- For scher » sont légion de l'autre côté des Vosges. La critique allemande, qui a mis un demi-siècle à découvrir Schopenhauer, a généreusement réparé son inadvertance.
Il convient que la France s'associe à cet hommage; car, si Schopenhauer doit beaucoup à l'influence française, les noms de Renouvier, de Guyau, de Sully Prudhomme, de Brunetière, de Loti, et bien d'autres sont là pour prouver ce que lui doivent en retour la philosophie et les lettres françaises; et, comme les Allemands, nous ne saurions mieux faire, pour célébrer le cinquantenaire de sa mort, que de relire Schopenhauer et de pénétrer plus à fond sa pensée.
Or, si les œuvres de Schopenhauer, — dont les prinpales sont traduites depuis longtemps, — ne sont pas inconnues en France, il semble bien qu'elles y aient été plus lues qu'étudiées. Notre bibliographie schopenhauérienne est des plus pauvres ; elle tient en quelques lignes . On a peine à s'expliquer que, depuis trente-six ans, il ne se soit pas trouvé un philosophe pour entreprendre un examen général du système, auquel M. Th. Ribot avait consacré (1874) une étude fort exacte et fort claire, mais incomplète et antérieure à la publication d'une partie des inédits. Quant au public lettré, en France, comme en Allemagne d'ailleurs, ce n'est pas le calomnier que de penser qu'il ne connaît guère du philosophe de Francfort que les grands traits de son pessimisme, quelques paradoxes sur les femmes ou quelques Aphorismes sur la sagesse pratique. L'agencement du système reste mal connu.