Rais, suffis., $ 16, W., III, p
LA REPRÉSENTATION
Les quatre principes qui correspondent aux quatre formes de la représentation constituent, dans la langue de Schopenhauer, la « quadruple racine du principe déraison suffisante ».
Plus d'une question mériterait de se poser ici. En quel sens, d'abord, convient-il d'entendre ce terme de « racine » ? A plusieurs reprises, Schopenhauer parle du principe de raison comme d'une simple «abstraction», que la réflexion dégagerait des quatre principes concrets qui régissent la représentation ; en ce sens, le principe de raison trouverait bien « sa racine » dans les divers principes de la représentation. Mais, dansla conclusion de la thèse de 1813, quand il cherche à résumer les résultats de son enquête, il écrit expressément que les divers modes de relation des représentations « dérivent d'une seule et unique constitution primordiale de toute notre faculté de connaître, comme de leur racine commune1 », et voîci,ducoup, le principe déraison reconnu comme la « racine » des principes spécifiques !
Cette difficulté, pour réelle qu'elle soit, n'est sans doute pas insoluble. Par essence, les principes spécifiques de la représentation dérivent bien de la loi primordiale que nous énoncions plus haut : pas de représentation qui ne soit liée. Mais, de cette antériorité logique de la raison sur les principes, il ne résulte pas que la première puisse s'exercer d'une manière indépendante des principes qui la spécifient. En d'autres termes, toute raison est nécessairement d'ordre physique, logique, mathématique ou éthique, et « il n'y a pas plus de raison en général que de triangle en général 2 ». Les principes trouvent dans la