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4. Monde, Supplém., ch. l, W., I, p. 758. Cf. ibid., ch. xxv, p. 373.
SCHOPENH AUER .
misme1 », que sa franchise répugne à adopter. Dans les dernières pages des Suppléments du Monde, il analyse les principales différences qui séparent son système du panthéisme. Voici les principales : le Dieu des panthéistes est un x, une grandeur inconnue, tandis que la Volonté, essence du monde, est une réalité proche, accessible, objet d'expérience intime ; — les panthéistes vont synthétiquement de Dieu au monde, c'est-à-dire de l'inconnu au connu ; la philosophie de la Volonté part de la conscience de soi et va analytiquement du plus connu au moins connu; — enfin le panthéisme voit dans le monde une création où Dieu s'est complu, qu'il a faite « pour sa gloire »; or, par là, le mal reste inexplicable et, du même coup, la morale perd tout fondement1.
Cette critique de l'infécondité morale du panthéisme nous permet de pressentir un dernier corollaire de la philosophie de la Volonté. Quelle sera l'attitude pratique du sujet qui a pris conscience de la vanité de l'univers absurde et malfaisant où il vit ? Se détachera-t-il de la vie par un acte de renoncement dédaigneux? Telle ne sera pas, nous le verrons, la conclusion de la morale de Schopenhauer et l'on peut dire que ce philosophe a trouvé, dans le monisme et dans l'irrationalisme même de sa doctrine, des raisons d'échapper au désespoir. Dans un monde absurde, il n'est pas nécessaire de trouver des raisons logiques de vivre, et il est, après tout, moins décourageant de vivre si le mal est un accident, que s'il est voulu ou consenti par un Dieu impuissant ou mal-
1. Parerga, W., IV, p. 138. Cf., sur le panthéisme, Parerga, II, ch. v, W., V, 111., sq. ; Monde, II, ch. xlvii, W., II, p. 694 etc.