‹ SchopenhauerChapitre 215 sur 266 · Monde, I, § 37, W., I, p · texte numérisé non relu

Monde, I, § 37, W., I, p

l'art libérateur. — l'esthétique. 317

qu'elle daigne vivre parmi les hommes et pour les hommes; c'est pour ceux-ci qu'elle contemple, pense et sent; « l'artiste nous prête ses yeux pour apercevoir le monde1 », et il n'est pas si méconnu, si solitaire, qu'il n'éveille autour de lui des sympathies intelligentes. L'art, auquel il nous faut enfin arriver, sera l'instrument de cet accord fécond2.

S 3. — La beauté naturelle.

Schopenhauer a défini l'art : « Un mode de contemplation des choses indépendant du principe de raison3 ». Le plus grand défaut de cette définition n'est pas son obscurité, car elle s'éclaircit à la lumière de la théorie des Idées et du génie. Mais elle est, par surcroit, singulièrement étroite, et cette étroitesse même en signale le caractère original : c'est du point de vue de la contemplation qu'a été conçue l'esthétique de Schopenhauer; le point de vue de la création y est sacrifié; l'auteur s'est demandé à quelles conditions surgit en nous le sentiment du beau, et non comment la beauté s'imite ou se crée ; ce qu'à vrai dire il définit, ce n'est pas l'art, c'est le sentiment esthétique, et l'art n'existe, dans cette philosophie, qu'à titre

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