‹ SchopenhauerChapitre 98 sur 266 · Ibid.y p. 156. Cf. ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid.y p. 156. Cf. ibid., p

4. Voir dans Monde, tout le Supplém. 7, W., Il, p. 82 et suiv.

SCHOPENH AUER .

tion et les sciences naturelles joueront donc un rôle de premier plan dans l'élaboration du système de Schopenhauer; mais l'observation n'est elle-même que l'occasion, pour l'esprit, d'apercevoir l'essentiel sous l'accident, le général sous le particulier, non par une analyse abstraite qui dissoudrait le réel, mais par un effort d'intuition intellectuelle. Quant à la méthode, elle n'intervient guère qu'après l'intuition, à titre de contrôle. Elle consistera alors à vérifier s'il n'entre dans l'intuition aucun élément étranger, aucune trace de pensée abstraite ou de savoir purement verbal.

Est-ce à dire qu'on ne trouve dans cette philosophie ni concepts ni raisonnements? Non, sans doute, caria constitution de l'entendement oblige le philosophe à traduire l'intuition en systèmes d'idées, exprimés par des systèmes de signes. Ajoutons que le raisonnement, chez Schopenhauer, est toujours clair et direct; c'est celui d'un bon sens avisé et exigeant. Mais il est toujours un peu court et ne tend qu'à ramener l'esprit à l'intuition. Aussi l'exemple est-il l'argument favori de Schopenhauer ; il apparaît à toutes les étapes de la démonstration, précis, lumineux; souvent, même, il abonde au point de lasser, d'accabler le lecteur.

C'est par ce caractère concret, intuitif, que la philosophie de Schopenhauer tient une place intermédiaire entre l'art et la science. Peut-être même tient-elle plus de celui-là que de celle-ci. Schopenhauer s'en vantait dès 1814 : « Ma philosophie doit se distinguer de toutes les précédentes, celle de Platon exceptée..., en ce qu'elle n'est pas une science, mais un art1. » Comme l'art, elle montre plus

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