‹ SchopenhauerChapitre 97 sur 266 · Volkelt, Hchopenh., p · texte numérisé non relu

Volkelt, Hchopenh., p

trouver son chemin par instinct spontané1. » La méthode s'invente à mesure qu'elle se réalise. Pareille insouciance surprendrait chez un autre penseur; mais, qu'on y prenne garde, elle n'est pas chez Schopenhauer la désinvolture d'un amateur qui le prend de haut avec les prescriptions de la logique; elle est conforme à l'inspiration générale du système. Une méthode est surtout né-# cessaire pour une philosophie dialectique, qui cherche à atteindre le vrai par un enchaînement de concepts. Mais, nous le savons déjà, Schopenhauer n'aperçoit dans le concept qu'une abstraction de l'expérience, c'est-à-dire un appauvrissement du réel. Aussi a-t-il pu se vanter d'avoir construit une philosophie non démonstrative, de s'être peu soucié, même, de l'accord extérieur des propositions qui s'y rencontrent2. Et, de fait, on ne rencontre nulle part chez lui, comme chez Fichte et Hegel, ces longues chaînes de raisonnements, où le concept engendre le concept sans recours à l'expérience. Sa philosophie « repose immédiatement sur l'intuition du monde3 ». Or il n'y a pas de méthode évocatrice de l'intuition. C'est affaire de génie personnel, et le génie ne connaît point de méthode; ou plutôt il n'en admet qu'une, qui consiste à aller droit aux choses par-dessus les livres, les abstractions et les théories. C'est pourquoi tous les grands génies ont été, non des dialecticiens, mais des contemplateurs, et ont vécu en commerce direct avec la nature4. L'observa-

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