I. Ce iji-iukI ihn> ii été orchestré par Jo&chim
confondu de la prodigalité avec laquelle il sème à pleines mains l'or pur des modulations trouvées, des développements heureux et des pensées géniales.
Schubert, le plus instinctif de tous les compositeurs, ne pouvait être insensible au charme des chants populaires dont beaucoup de ses lieder possèdent l'allure spontanée et la grâce naïve. 11 Fa prouvé en écrivant le « Divertissement à la hongroise », où il s'est assimilé avec bonheur les thèmes campagnards entendus à Zèles/. '.
Chacun connaît le coloris étrange de la musique des Tsiganes. De nombreuses migrations de ce peuple nomade — quasi sauvage — venues de l'Inde, furent bien reçues en Hongrie et s'y établirent. Leur génie musical plut tellement aux habitants de ce pays que la musique hongroise s'est modelée sur celle des Tsiganes et s'est en quelque sorte identifiée avec elle.
Schubert, dans son « Divertissement », a bien reproduit la libre fantaisie de cette musique originale, aux mélodies si caractérisées, aux rythmes tantôt fougueux, tantôt capricieux et ondoyants. Mais il n'y a mis que la somme de couleur ethnique compatible avec l'emploi exclusif des deux modes uniques de la musique européenne : le majeur et le mineur. S'il eût connu L'application de L'harmonie aux modes multiples — diatoniques et chromatiques, — de la musique orientale, nul doute que sa palette n'eût été plus riche encore en couleurs variées. Mais les idées qui sont devenues courantes dans le monde musical, depuis les tentatives heureuses faites dans cette voie par l'école franco-russe,
1. Le DiverLissemenl à la Honfjroise l'ut composé par Schubert en 1824, pendant son second séjour dans la propriété du comte Ksterhazy.
ne circulaient pas encore en Allemagne du temps de Schubert. Sous ce rapport, comme sous bien d'autres, le Titan Beethoven, en écrivant son sublime Cantique d'actions de grâces1 dans le mode hypolydien (gamme de fa avec si naturel) se montrait un exceptionnel et hardi novateur.
Sauf cette restriction, Schubert a mis en valeur très habilement les thèmes tsigano-hongrois qu'il avait recueillis. On peut ajouter que l'impression produite par cette musique a eu en lui des retentissements profonds ; les traces de cette influence sont très fréquentes et très évidentes dans son œuvre.
On dirait que Schubert est le descendant d'une race nomade ; aucun compositeur n'a écrit un nombre aussi considérable de marches. Est-il Bohémien ? Est-ce un émigrant. un « qui va d'Orient en Occident » î Pourtant, il n'a jamais franchi la frontière autrichienne. Ses voyages se sont bornés à de courtes excursions aux environs de Vienne et à quelques séjours en Styrie et dans la Haute Autriche.
S'il a peu voyagé sur la surface de la terre, faute d'argent, toute sa vie n'a été qu'un vagabondage sublime dans le domaine du « Rêve » et une excursion ininterrompue au pays de l'Idéal. Pour conserver la pleine indépendance, n'a-t-il pas sacrifié tout : les places, les honneurs, le confort, même la tranquille assurance du pain quotidien? Ne partage-t-il pas avec les Tsiganes L'horreur de la convention mondaine et du joug social? N'a-t-îl pas voulu, comme eux, coule que coule, suivre sa fantaisie el vivre à sa gui se? Gomme eux, ne