‹ SchubertChapitre 4 sur 19 · M™ Audloy, p · texte numérisé non relu

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commerce avec l'Infini que son œuvre reflète, étouffe dans cette pauvre planète grossière, trop exiguë pour lui, bien qu'elle contienne pourtant l'embryon de tous les éblouissements, de tous les enivrements, de toutes les adorations, de toutes les extases. Schubert ajoute :

« Mais pour que ces lignes ne te portent pas à croire que je suis malade ou triste, je me hâte de t'assurer du contraire. 11 n'existe plus, il est vrai, cet heureux temps où chaque objet se présentait à nous entouré d'une auréole juvénile ; la fatale connaissance d'une misérable réalité l'a remplacé ; mais Dieu soit loué ! je cherche tant que je peux à l'embellir par l'imagination. On croit volontiers que le bonheur est attaché aux lieux où l'on a été jadis heureux : mais le bonheur est en nous. Aussi ai-je éprouvé ici un sentiment désagréable et vu se renouveler une expérience déjà faite à Steyr : mais maintenant je suis plus en état de trouver en moi-môme le calme et le bonheur que je ne l'étais alors. Une grande Sonate et des Variations à quatre mains sur un thème que je me suis l'ail. viendront à l'appui de ce que je te dis et serviront de preuves. Les Variations ont eu un grand succès... Je me réjouis d'autant plus de te savoir bien, que j'espère jouir aussi d'une parfaite santé l'hiver prochain. Salue cordialement pour moi parents, frères, sœurs et amis. Je t'embrasse mille fois; écris-moi le plus t6i possible et porte-toi bien ! ' »

L'affectueuse cordialité du comte et de sa famille, l'absence de toute préoccupation matérielle rendait la vie douce et facile pour ce producteur infatigable. Pendant ce second séjour à Zélesz, il écrivit maintes compositions remarquables, dont quelques-unes furent dédiées à son hôte, et « toutes », au fond de son cœur, à son élève préférée, Caroline Esterhazy, pour laquelle il parait avoir éprouvé un sentiment de tendresse contenu*' H respectueuse. Cette inclination secrète devait

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